16 avril 2007

Le sondage est une marchandise > V

A J-6, les sondages se contredisent et s'en foutent éperdument. Ce n'est pas un hasard. La représentation du réel n'est pas, et ne sera jamais, la finalité des instituts qui vivent de ces chiffres.
A ceux qui voudraient en savoir plus, je vous invite à voir et à écouter Alain Garrigou, professeur de science politique à l'Université Paris X- Nanterre.
Un coup de chapeau à LaTélélibre.fr qui a réalisé et diffuse ce reportage.









J'ajoute un commentaire personnel. Il m'est arrivé - dans mon ancienne vie de cadre corpo - de commanditer des études auprès de deux des instituts français les plus réputés. C'est à ces occasions que j'ai découvert la méthode de la "correction". De quoi s'agit-il ? Très simple : à partir des données brutes issues de leurs enquêtes, lesdits instituts "corrigent" (!) les résultats : a) cette modification pouvant être de plusieurs points ( 5, 10, 15 %... on rêve !) ; b) les critères utilisés pour ces corrections étant on ne peut plus discutables : historiques des études passées, lissage des résultats considérés comme "extrêmes" ou "non représentatifs", voire "non opérants", survalorisation des résultats les plus cités.
En clair, les instituts maquillent les résultats bruts pour présenter une mariée plus belle et surtout, plus conforme aux attentes de l'acheteur.

Mais de quoi est fait un institut de sondage ? C'est une fusée à trois étages. En bas, une usine à récolter des chiffres, essentiellement des centres d'appels : sa finalité est de disposer de chiffres "utiles" (et non pas de chiffres "représentatifs d'une réalité"). Au milieu, une division statistique, qui ordonne les chiffres obtenus, les compare et les "corrige". En haut, une unité commerciale qui présente et vend le produit obtenu.

Le sondage est une marchandise.
Il est aux sciences humaines ce que le pétrole est à la chimie organique.