02 janvier 2008

91.2 > P

Il y a, près d'ici, une radio curieuse.


Je l'ai découverte, un soir, ça doit faire deux ans ou un peu moins, en roulant sur les bords de Loire. Le récepteur sondait les fréquences à toute berzingue. Après un roulement d'ondes, il s'est saisi de 91.2, où il est demeuré en suspens. De là sont venues des musiques étranges, inhabituelles, qui paraissaient avoir le pouvoir de séparer le tiède pour en sortir et le chaud, et le froid. Un déversement dans l'habitacle de choses vivaces, cinglantes de réalité. Et avec ça, la joie spontanée que l'on ressent en dégustant, au comptoir d'une gargote sans âge et sans attrait, un mets subtil et puissant comme venu d'ailleurs, ou en provenance, peut-être, d'une autre ère.

Les gens qui tiennent le comptoir de ces ondes ont une exigence. Ce qu'ils en disent :

"La rédaction de Jet FM, curieuse, indépendante, subjective et qui prend son temps, vise à informer et à enrichir culturellement, ainsi qu’à susciter la réflexion, l’action et l’engagement."
On pourrait croire à des prétentions. Mais non, c'est de l'exigence. Celle qui éveille. Celle du don. Rare, trop rare pour ne pas prêter une oreille.
Ou donner les deux.

Sur les bords de Loire, entre les roulements, je place souvent une cale à 91.2.
Les ondes versent ; ça craque.
Le bois tient.

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