24 mars 2010

Nouvelles > G

Parmi les trois nouvelles choisies par le jury du Grand Prix de l'Imaginaire 2010 Etonnants Voyageurs, figure "Louise ionisée".

Je ne boude pas mon plaisir. Cependant, je pense sincèrement que cette sélection dépasse les seules pages de "Louise". Qu'elle porte en réalité sur l'ensemble de l'anthologie 69 qui réunit de très bons, drôles, plaisants et excitants récits. Qu'elle leur est adressée, "Louise" en fer de lance, à chacun.

Oserais-je un avis ? Les trois livres qu'Absalon Nathan n'écrira jamais, de Léo Henry, n'est pas seulement le texte d'un auteur de talent. C'est le texte d'un écrivain. Vrai. Subtil, criant, puissant. Je lui souhaite le prix.

09 mars 2010

Des sirènes et du développement durable > P

Dans la semaine qui précède l'élection régionale, il m'a paru opportun de publier l'intervention que j'avais faite en séance du Conseil municipal de Couëron le 25 janvier dernier. De dire et redire les valeurs socialistes, partout tant décriées, conspuées, sans doute parce qu'elles sont trop oubliées, y compris par certains qui s'en réclament. Sans doute aussi parce que les media traditionnels (mettons à part France Inter) sont aux ordres de la Cour élyséenne, des barons de l'argent et de l'église libérale, se livrant à une propagande constante pour casser la seule opposition en état de débarrasser le pays de cette caste de prédateurs à qui l'honneur fait définitivement défaut. Le socialisme, pourvu qu'il soit sans complexe, est le seul mouvement d'idées et de combat capable de vaincre les ignominies de ce gouvernement de misérables. Le gouvernement le sait bien, les media serviles le savent. Donc, haro sur le socialisme ! C'est leur mot d'ordre.
Depuis que je suis arrivé dans la région Nantaise, j'ai amplement pu apprécier le travail considérable accompli par des élus, quelques uns connus à l'échelle du pays mais bien d'autres plus discrets. J'ai également souhaité évoquer le thème du développement durable, sujet sensible à bien des titres. Je l'ai fait à ma manière, sans équivoque et sans chausser de gants.

Intervention au Conseil municipal de la ville de Couëron, 25 janvier 2010

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les élus, chers concitoyens,
Permettez-moi de m'exprimer au nom du groupe socialistes et républicains.

La présentation du budget primitif de Couëron pour l'année 2010 est une excellen
te occasion de passer en revue les engagements pris pour notre commune. Ces engagements, quels sont-ils ? D'abord, celui d'une gestion saine. La prudence est le premier mot qui me vient à l'esprit à la lecture de ce budget. Elle est nécessaire. Le gouvernement du pays est en train de plonger dans l'incertitude les finances locales. Et ce qui est aujourd'hui une incertitude risque de devenir, demain, une réelle difficulté. Notre équipe municipale a décidé de réévaluer chaque année le plan pluriannuel d'actions, par prudence et par souci de bonne gestion. Mais la prudence n'empêche pas la volonté. Le budget 2010 est fidèle à des valeurs que nous partageons, au premier chef la solidarité. Il l'exprime par des mesures concrètes : subventions au Centre communal d'Action sociale (CCAS), aux associations, nouveaux investissements qui soutiennent l'emploi local et offrent à nos concitoyens des services et un cadre de vie de qualité. Lorsque l'Espace culturel et associatif a été inauguré en décembre, je crois que tous, nous avons pu voir, toucher, apprécier, le bien-fondé de cette politique volontaire.

En 2010, nous avons choisi de redoubler de prudence, mais aussi de solidarité et de volonté. Car chacun peut le constater autour de lui, il n'y a pas de fin de crise. Pendant que les ministres pérorent, le chômage augmente (1 million de chômeurs en fin de droits cette année, dont 600 000 ne toucheront pas le RSA), le pouvoir d'achat baisse et chacun doit trouver, comme il peut, moyen de s'en sortir, malgré tout.
Dans ce contexte on ne peut plus brouillé, la ville de
Couëron reste résolument tournée vers l'avenir. La commune travaille afin de se doter d'un agenda 21, qui doit être voté en juin. Les pistes d'action de cet agenda sont présentées à nos concitoyens dans une démarche participative. Pourquoi un agenda 21 ? Le développement durable, ce n'est pas une question nouvelle à Couëron. Beaucoup a déjà été fait. L'ensemble de l'équipe municipale a cependant décidé d'aller plus loin, d'accentuer encore cette action et d'innover, là où c'est possible. Car quand on a sur son territoire le marais Audubon, quand on borde l'estuaire d'un grand fleuve, la biodiversité, ça a du sens. En période de vaches maigres, où chaque euro compte, économiser l'énergie, mutualiser les moyens, ça a du sens. Et pour nous tous, pour notre santé, pour les milieux naturels, préférer les énergies les moins polluantes, ça fait sens. Il était donc important de formaliser les orientations de la ville dans ce domaine, d'aller chercher partout les idées et d'associer le plus grand nombre.
Le développement durable, il y a ceux qui le font et il y a ceux qui en parlent. Car malheureusement, c'est un sujet où trop souvent, dans les media, on entend chanter les sirènes. Pour preuve : la taxe carbone si chère à Nicolas Sarkozy. Il a fallu que ce soit le Conseil constitutionnel, saisi par le groupe parlementaire socialiste, qui retoque ce projet au motif qu'il est profondément inéquitable. Telle qu'elle a été conçue, la taxe carbone exonère les entreprises, charge les classes moyennes et les ménages modestes, poussant l'indignité jusqu'à offrir un chèque annuel (220 euros) aux ménages aisés des centres-ville. Quel cynisme ! Voilà une réforme injuste et clientéliste, si injuste que le Conseil constitutionnel l'a jugée non conforme au principe d'égalité devant l'impôt.
En usant d'une expression en apparence légitime, la "taxe carbone", la droite conforte en réalité l'une de ses plus vieilles obsessions idéologiques : diviser et casser la solidarité républicaine.
Au contraire, pour tous les socialistes, pour tous les républicains, le développement durable doit être d'abord et toujours équitable.

Alors agissons, œuvrons ensemble pour un développement durable, mais gardons-nous des sirènes !
Des sirènes ? Lorsque Yann Arthus-Bertrand - dont le film "Home" a été financé aux trois quarts par François-Henri Pinault et dont on connaît les liens d'amitié avec Nicolas Sarkozy- vante la "compensation carbone"… De quoi s'agit-il ? Il s'agit de payer son droit à polluer en finançant dans des pays émergents l'action vertueuse des plus pauvres ! C'est exactement la logique du marché du carbone, le nouvel eldorado des spéculateurs boursiers. Les agences financières (Bloomberg par ex.) estiment que d'ici dix ans, le marché du carbone représentera en valeur le double du marché actuel du pétrole. Or, ce n'est pas une matière première : c'est une pure construction
juridique, un droit à polluer. Al Gore, une autre de ces sirènes, a participé à la création de la Bourse Carbone de Chicago ; il pousse Obama à la marchandisation du carbone et n'hésite pas à demander 150 000 dollars pour une heure de discours. Il a d'ailleurs ces dernières années accru sa fortune personnelle de 2 à 100 millions de dollars. Alors, on ne s'étonnera pas que ces stars du show planétaire se gardent de s'attaquer aux multinationales qui sont pourtant à l'origine de la raréfaction de l'eau, des pollutions chimiques, des délocalisations, des dérégulations, des destructions aussi bien environnementales qu'humaines. On ne s'étonnera pas qu'ils dispensent en revanche à la télévision et au cinéma un discours alarmiste, moralisateur et culpabilisant. Un discours de peur. Du "cinéma", c'est exactement le mot. Car en réalité, ils font du développement durable une très bonne affaire. Très bonne et très personnelle.
Enfin et ce sera ma dernière remarque, le développement durable ne peut exister sans développement tout court. Depuis plusieurs années, la région nantaise se développe sous l'impulsion de grands élus, en premier lieu Jean-Marc Ayrault. Développement économique grâce à des liens de confiance tissés avec les entreprises, développement culturel qui fait de Nantes la ville française la plus attractive, développement des infrastructures de transport et des pôles innovants tels que les biothérapies. Le développement n'est jamais une chose acquise. Ce n'est pas un statut. C'est un mouvement, une dynamique. Qu'imprime une volonté. Et pour moi qui ne suis pas originaire de cette région, je peux le
dire avec beaucoup de facilité : Nantes a prouvé, dans un passé certes révolu mais pas si lointain, qu'une ville, une agglomération, peut être belle et néanmoins s'endormir.
Je voudrais conclure là-dessus. La poursuite des investissements, les soutiens du milieu associatif, notre futur agenda 21, tout cela le démontre : notre engagement est celui d'un développement volontaire autant que réaliste, durable autant qu'équitable. En parfait accord avec nos valeurs et nos idées. Un engagement qui mérite d'unir nos énergies.

Site de campagne de Jacques Auxiette : "La gauche en action"


En video : Six ans d'action de la gauche réunie (PCF, PS, écologistes, société civile) dans la région des Pays de la Loire