18 octobre 2010

La bonne affaire des "Sarkozy frères" ! > P


Guillaume Sarkozy, le frère du Président de la République, patron du groupe Malakoff Médéric, crée une joint venture avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et sa filiale la CNP. Son but : profiter de l'assèchement du système de retraite par répartition pour le remplacer en partie par un système privé, copie conforme des fonds de pension américains.

Le site Mediapart a récemment rendu publique cette information... sidérante et combien significative ! Hélas, les grands media, journaux papier et télévisés, ont jeté un mouchoir pudique (ou plutôt, un voile épais) sur cette nouvelle qui, dans une démocratie moderne, aurait dû faire la une partout. Qu'on en juge !

La "galette" financière de ce nouveau marché est estimée, à terme, à 110 milliards d'euros, avec un retour sur investissement prévu à plus de 11%. Gérard Ménéroud, l'un des dirigeants de la CNP, qui est aussi le président de l'Arrco, le régime public de retraite complémentaire des salariés, résume ainsi les enjeux de ce projet auquel il a pleinement contribué :

«Le système de retraite évolue assez profondément. Les taux futurs de remplacement des systèmes par répartition sont estimés à 50%. Pour compenser, les retraités pourront puiser sur leurs réserves d'épargne ou transformer leur résidence principale en rente viagère selon une mécanique qui reste à mettre en œuvre. Pour les générations les plus jeunes, 35-50 ans, un complément d'épargne est à constituer ce qui générerait un flux annuel de 40 à 110 milliards d'euros supplémentaires à comparer aux 80 milliards du marché de l'assurance vie d'aujourd'hui.»
Une grosse, très grosse et très belle affaire ! On comprend mieux pourquoi Fillon et Sarkozy ont fixé 2018 comme date seuil de l'actuelle réforme des retraites, alors que la plupart des grands pays européens ont établi un calendrier beaucoup moins pressé, aux alentours de 2025-2030.

Dans quel pays le propre frère du président de la République pourrait-il réaliser une telle raffle de gros sous, avec le soutien du bras financier de l'état (la CDC et la CNP), en bénéficiant directement de la réforme du système de retraite que mène de son côté le Président lui-même ?

Sur l'échelle des conflits d'intérêt, Eric Woerth est un petit joueur. Il a beaucoup à apprendre des frères Sarkozy, les gros poissons de cette mare boueuse. La France est tombée bas, très bas, entre les mains d'un cercle de voyous, très semblable au capitalisme du Second Empire, avec ses trois piliers : un petit homme autoritaire et ses courtisans, un milieu d'affaires cynique et corrupteur, l'emploi de la peur, de la police et de la force armée pour tenir la populace.

Mais nous sommes en 2010. Et c'est à nous qu'il appartient aujourd'hui de se battre pour la république ! Je ne veux pas de ce monde des "Sarkozy frères" pour mes enfants.

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