14 octobre 2010

La fin du courage > G


Un peu d'air frais, beaucoup d'eau vive dans les propos de la philosophe Cynthia Fleury, qui parle dans un court entretien radiophonique de son livre « La fin du courage » (Fayard) :


Le courage ne paye pas
envoyé par robin1423. - L'actualité du moment en vidéo.

Morceaux choisis dans cet entretien :

(4'56") : "... toute l'idéologie d'aujourd'hui, c'est une idéologie de la réussite, c'est-à-dire une idéologie basée sur le résultat. Le courage, c'est l'anti-réussite. C'est quelque chose qui vous fait sujet, non pas parce que vous allez réussir, mais parce que vous êtes courageux, ce qui n'a rien à voir."

(5'53") : "...toute conscience un peu sensible est mélancolique. Forcément. Mais, le problème de la mélancolie, c'est que c'est une théorie de l'inaction ; et ça vous met à terre, ça vous met par terre même, tout en vous donnant - et c'est là où c'est sournois - le sentiment de votre supériorité. Parce que les mélancoliques pensent quand même avoir une conscience supérieure du monde. Et ça vous met à terre tout de même. Donc, le courage, c'est intéressant, parce que ça maintient un rapport mélancolique au monde, qui, je pense, est le rapport distancié au monde - assez logique - et en même temps, ça vous laisse dans une théorie de l'action et donc, dans une théorie, quand même, du pari pour le monde, du pari pour une certaine espérance."

Et moi, je cours acheter "la fin du courage" - et j'entends en écho, "la faim du courage".


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Dans un autre entretien, Cynthia Fleury évoquait ainsi son rapport au monde :

« Je considère que la philosophie est du côté de l’incomplétude. C’est par manque, par incapacité, par “inaptitude à” que j’en suis là. Je pense que si j’avais le sentiment d’une quelconque maîtrise et que si ma relation avec l’existence allait de soi, je ne serais pas dans cet univers de la philosophie. N’étant pas dans un rapport d’évidence avec la vie au jour le jour, il m’a fallu trouver une astuce pour participer tout de même à ce “grand jeu”. Chacun la sienne. Moi, ç’a été la philosophie, parce qu’elle me paraissait génératrice d’“épiphanies”. Une manière d’expérimenter la grâce hors du champ du sacré. »


En troquant "philosophie" par "écriture", je me suis soudain souvenu pourquoi je m'étais mis en tête, un jour, d'écrire (encore que on ne soit pas forcément le sujet d'une telle phrase, peut-être un complément).

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