17 octobre 2011

Comment sait-on que l'on est libre ? > R


"... Comment sait-on que l'on est libre ?
- Demandez-vous pourquoi on le veut, s'énerve la marraine. Il faut être stupide ! Libre. Libre. Libre. Vous croyez que ça les émeut, les gens ? Vous croyez ce qu'ils en racontent ? Mais ma petite chérie ! Ils mentent. Ce que vous ignorez, ils le savent. La liberté retire tout, tout ce qui fait les hommes. Elle retire les petites cases où l'on range, où l'on ordonne, on sert et on se sert. On les reçoit très tôt, ces petites cases. Dès enfant, on apprend qu'il y a tout à y gagner. Faveurs, sourires, bons points, ça s'enchaîne. Et qu'est-ce qu'on a, de l'autre côté ? Un vaste mensonge et une poignée de verbes... Penser ; chercher ; refuser ; peiner ; douter. Marcher à contre-courant. Sans le moindre intérêt ! Surtout pas le sien. Le choix est simple. Aux benêts la liberté et pour les autres, tout le reste. Vous en voulez encore ?
- Je n'en veux pas. Elle me poursuit.
- Oui, soupire Retiola. Il y a aussi ceux qui s'entêtent, les vrais, les grands stupides ! Cessez de vous torturer. Vous en êtes. je vais vous dire. La liberté se trouve là où vous iriez de toute manière : sur la voie difficile. Elle est le choix difficile. C'est une loi qui ferait péter d'envie le plus coincé des savants ! Il n'y a pas d'exception."


Treis, altitude zéro

(conversation entre Cinabre et Retiola, chapitre 29 "Route retour")

12 octobre 2011

Le "Défi Frank Herbert" : dot > P

Dans le cadre du Défi Frank Herbert, le prix du lecteur le plus assidu est doté, par les éditions Denoël, des livres Les Tours de Samarante et Treis, Altitude zéro.
Je ne m'étais pas fait le relais de cette initiative d'Anudar (campagne et militantisme obligent !), mais inutile de dire que je suis très heureux (et fier) de prendre part, par mes livres, à ce défi.
Bravo à son auteur et bonne chance aux participants !

11 octobre 2011

Votes Aubry, Hollande et Montebourg : géographie et lignes de force > V

L'analyse du premier tour des primaires citoyennes fait apparaître des tendances intéressantes à plus d'un titre. Ces tendances n'ont pas pour objet de traduire la réalité entière et exacte des 2,5 millions d'électeurs ayant participé à ce moment de démocratie. Elles mettent en évidence les assises électorales propres à chaque candidat et montrent donc là où ils se distinguent.

Et ce que l'on voit est frappant !

  • Géographie des votes et lignes de force :

Géographiquement, le vote "Aubry" a été plus important dans les régions où se trouvent les grands bassins d'emploi économique et les grandes villes : le nord, l'est, le bassin Rhône-Alpes, Paris. Dans l'Ouest, on retrouve cette tendance (quoique moins forte) dans les département de Loire-Atlantique (Nantes) et d'Ille-et-Vilaine (Rennes) qui représentent les principaux bassins d'activité et d'emploi des deux régions.




Le vote "Hollande" prédomine quant à lui dans l'ouest du pays, dans les départements ruraux du centre de la France et du Jura, dans les départements à démographie vieillissante, ainsi que dans plusieurs départements ayant une façade littorale (grand ouest et sud-ouest méditerranéen).




Enfin, le vote "Montebourg" est très nettement plus marqué en Bourgogne et dans un grand quart sud-est du pays. Il s'avère d'ailleurs être le plus homogène géographiquement (ce que peu de commentateurs politiques ont relevé), correspondant aux terres d'élection d'un socialisme républicain et laïque très traditionnel (région que je connais bien pour y être né et y avoir fait une partie de mes études).



(sources des cartes reproduites dans ce billet : édition du 11 octobre du journal Libération)





  • Profils-type des deux votes majoritaires :
Au-delà de la représentation géographique qui est, en soi, manifestement éclairante, se dessine à grands traits le "profil type" de l'électeur des deux finalistes.

Le profil-type du vote Aubry est une femme de 40 ans, vivant en zone urbaine ou dans un bassin d'activité économique.

Le profil-type du vote Hollande est un homme de 60 ans vivant dans un département rural ou en zone littorale.

Quant à savoir où se trouve la dynamique la plus puissante derrière ces deux tendances ?
 :)


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(sources des cartes reproduites dans ce billet : édition du 11 octobre du journal Libération)