18 avril 2006

La comptine > R

Une rive, deux rets, nous irons chanter,
Trois rimes de lais,
À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt
Six livres, c’est elle, nous irons danser,
Huit pas de côté,
À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt

Une rive, deux rets, nous irons chanter,
Trois rimes de lais,
Six livres, c’est elle, nous irons danser,
Huit pas de côté,
Or neuf, c’est l’aulne
Qui vit sous nos pieds.

À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt

Carreau de mosaïque 9-1

2 commentaires:

Alain a dit…

Vint l’automne du rabougrissement, Les feuilles d’abord solaire suintèrent d’une viscosité les premières, sa sève montait moins bien et ce n’était pas du à la chaleur, l’hiver venait à son heure. Son ombre trouva une longueur ridicule et son tronc s’y modifia d’un souffle, les branches métamorphosés lui volaient sa stature d’arbre sycomore, le vent lui coûtait au dos et ses racines s’étiolaient. Qu’Il ne mourût point vite, le faisait saigner à chaque pétiole.

Le sol le lâchait et devenait meuble, il s’écroula. Une lente aménité. Les tours perdaient peu à peu, tout s’accentuait pour devenir attente, et maintenant, entre les lignes courtes de ses rameaux secs et terriblement. La pluie ne répondait plus, car son chant n’était plus qu’un gémissement végétatif sans portée ni puissance. Banni.

A la traîne vers le rui, un sillon comme le premier d’un champ dura tracé par ses pieds aux orteils torves. Le bain fut merveille, et au petit jour, mille liquéfactions avaient grignoté son écorce laissant lisse le fût comme une brise, un nouveau bourgeon, un pleur dans la douce rosée. L’eau s’agita avec lui et ses andouillers se brisèrent à la base ductile, douleur des rapides. Cataracte dans une eau plus trouble. Un caillot noircirait au contact de l’air, laissant une croûte organique protégeant sa carne. Et la rive le força à l’échappement, la respiration l’emprisonnait hors la vase du fond aux douze cent appels.

La marche inconcevable. La langue incontrôlée. L’écoute effrayante d’un babil, bas, bêlement inconnu d’être sans reconnaissance. La marche par cette fente du corps qui brisait l’équilibre à le tenir debout sur deux pattes comme par moquerie de son moindre chef, de sa taille de buisson, la fuite de la fratrie qui cinglait son corps d’ostracisme. Dans les terres arides, où les roches accrochaient coquettes indestructibles, ça et là une verdure, et l’adorable molle, où ses ongles ne trouvaient plus prise. Hors… La marche vide hors la forêt des frères aux feuilles déviées de son cœur.

Sa laideur croisa l’infortune d’une visite, les éphémères avec leurs poils le confortèrent et partagèrent l’eau blanche des brebis et d’une chèvre. Ca s’efforça de comprendre, encore et toujours désormais, latence et ayant appris parvint à négliger sans taire, en montrant les étoiles. Pointant celle du Nord et qu’il fallait fuir. Horreur d’entre toute ultime, les patres, double oubli, lui donnèrent - une lame, courte et pointue, fichée dans une éclisse – son nom : Skogvokst

No a dit…

Skogvokst, qui a perdu l'écorce, la sève et le feu du soleil pour vivre parmi les "éphémères avec leurs poils", ne peut être que béni/banni des dieux, du moins de la terre, qu'il foule désormais au lieu d'y plonger.

Qu'il fasse donc partie du monde, car c'est un récit fort et plein d'odeurs. Il pourrait s'agir d'un être de contes. De ces histoires que racontent les grand-mères de Donge. Skogvokst, c'est l'esprit de la forêt qui a pris pieds et qui parcourt le pays d'Eaux. Il lui est arrivé de nombreuses aventures. Et rien n'empêche d'imaginer qu'elles seront un jour plus nombreuses.

Une petite remarque :
Les sycomores ne poussent que dans le pays du Libaht, qui a d'ailleurs fait du commerce de ce bois une spécialité. Skogvokst serait donc, si je te prends au mot, d'origine étrangère. Ce n'est pas impossible. Peut-être est-ce une "sève-mêlé" ? Mi sycomore, mi frêne par exemple. Dis-moi comment tu le vois. L'origine peut d'ailleurs varier, selon les grand-mères.