Changer le paradigme de l'éducation de masse, d'un système académique de transmission des savoirs calquée sur l'ordre de l'usine (et à mon avis, de l'armée) vers une forme d'apprentissage laissant une place et une chance à la pensée divergente, à la collaboration et à des formes diverses d'apprentissage (plusieurs approches pour un même problème).
Hélas, pour un homme qui enseigne la pensée multiple et divergente, il reste et restera longtemps des bataillons d'imbéciles qui reproduisent à l'unisson la fabrique des moutons. Qu'importe ! Cette démonstration (multiforme) est à écouter/voir/sentir sans modération ! Un petit délice d'intelligence, qui fait du bien !
Moment de légèreté surréaliste où David Calvo paterne Norman Spinrad affrontant une console.
La scène a eu lieu dans la zone jeux video, à quelques mètres de l'entrée des Utopiales, laquelle, à ce moment précis, était étrangement déserte. Spinrad n'a presque pas parlé, il est venu là, a pris des manettes en main et a tenté de dompter la machine, pur novice guidé par la parole tour à tour technique et poétique de David. Un moment en totale suspension...
Calvo, Spinrad
Same players...
...play again
Sans doute alléché par les vapeurs fantastiques de cet instant, Greg Broadmore s'y est glissé à son tour...
Greg Broadmore
Le lendemain ou surlendemain. Je portais ce jour-là un T-shirt spécial Utopiales. Mathias a tenu à éprouver l'hypothèse par l'expérience des faits. Donc, voilà... ;)
"J'aime pas la SF !" Un constat souvent entendu dans la bouche des lecteurs. Les associations O'Librius et Fondu Au Noir organisent une soirée pour sortir la science-fiction des clichés qui l'entourent. Débat, invités, jeux d'écriture, lectures, bibliothèque idéale, table de jeu, concert... Tout sera fait pour montrer ce qu'est réellement la SF !
Rendez-vous jeudi 1er décembre à partir de 19h00 11 rue des Olivettes - 44000 NANTES
Le débat débutera à 20h. avec notamment : Norbert Merjagnan, auteur Marie Masson, coordinatrice générale des Utopiales Denis Savine, traducteur (Metro 2033/2034 de Dmitry Glukhovsky)
J'espère vous retrouver jeudi 1er décembre dans la très bonne compagnie des fondus au noir et des olibrius !
"... Comment sait-on que l'on est libre ? - Demandez-vous pourquoi on le veut, s'énerve la marraine. Il faut être stupide ! Libre. Libre. Libre. Vous croyez que ça les émeut, les gens ? Vous croyez ce qu'ils en racontent ? Mais ma petite chérie ! Ils mentent. Ce que vous ignorez, ils le savent. La liberté retire tout, tout ce qui fait les hommes. Elle retire les petites cases où l'on range, où l'on ordonne, on sert et on se sert. On les reçoit très tôt, ces petites cases. Dès enfant, on apprend qu'il y a tout à y gagner. Faveurs, sourires, bons points, ça s'enchaîne. Et qu'est-ce qu'on a, de l'autre côté ? Un vaste mensonge et une poignée de verbes... Penser ; chercher ; refuser ; peiner ; douter. Marcher à contre-courant. Sans le moindre intérêt ! Surtout pas le sien. Le choix est simple. Aux benêts la liberté et pour les autres, tout le reste. Vous en voulez encore ? - Je n'en veux pas. Elle me poursuit. - Oui, soupire Retiola. Il y a aussi ceux qui s'entêtent, les vrais, les grands stupides ! Cessez de vous torturer. Vous en êtes. je vais vous dire. La liberté se trouve là où vous iriez de toute manière : sur la voie difficile. Elle est le choix difficile. C'est une loi qui ferait péter d'envie le plus coincé des savants ! Il n'y a pas d'exception." Treis, altitude zéro (conversation entre Cinabre et Retiola, chapitre 29 "Route retour")
Libération, Frédérique Roussel, 19 mai 2011 "Même économie descriptive pour un monde pourtant palpable et poétique."
L'écran fantastique, Claude Ecken, juin 2011 Le livre du mois. "Si on a toujours Gibson en tête, le rapprochement avec Dune est plus évident ici, pour la profondeur de la réflexion, pouvoir, religion, violence, magistralement traitée à travers un récit à la dimension mythique et une écriture dense pareillement parsemée d'aphorismes."
Le magazine littéraire, Philippe Curval, juin 2011 "On le devine, Treis, altitude zéro, est un roman dur, contraignant, qui demande au lecteur une attention de tous les instants pour accepter cet univers subliminal que Merjagnan construit avec patience, exigence. Car, mieux qu’un auteur de science-fiction désireux de nous enfermer dans une logique spéculative, il cherche, grâce à la réelle volupté que procure son écriture, à nous transmettre l’immatérielle sensation de basculement dans une création inconciliable avec notre pensée."
Scifi-Universe, Manu B., 27 février 2011 "Le post-cyberpunk renaît de ses cendres".
Le blog de Viinz, 4 avril 2011 "un univers splendide à fois dépaysant et étrangement familier"
Gromovar, 17 avril 2011 "Le dormeur doit se réveiller."
ActuSF, avril 2011 "Les lecteurs des Tours de Samarante retrouveront avec plaisir un langage familier"
Écolesjuives.fr, avril 2001 "un délice et une évasion totale".
Mes ailleurs, El Jc, 26 mai 2011 "La plume de l’auteur fait encore merveille. (...) Résolument personnelle, nerveuse, inspirée, poétique parfois, elle emporte et séduit, mais ne se livre pas sans quelques passes d’arme."
La grande bibliothèque d'Anudar, 5 juin 2011 "S'il fallait le chroniquer en une phrase, celui-là, ça serait par celle-ci : en voilà de la belle science-fiction."
Palabres éclectiques, 13 juin 2011 "on peut ajouter en guise de référence le Roger Zélazny de Seigneur de Lumière, mais avec un style empreint du (faux) détachement de Cordwainer Smith. Autant dire que c'est beau. Souvent cruel, mais beau."
L'entretien a eu lieu vers la mi-avril. Manu y interroge mon optimisme sur l'avenir de la littérature SF en France. Nous avons parlé de science et de hard-science, de cybernétique, de la confrontation - très cyberpunk - des bios-mécas, de la place que prennent les personnages de mes romans...
Comme je l'avais fait pour Manchu, je remercie YOz pour sa patience (mon goût du "juste" tourne parfois à l'obsession), pour son travail et son talent.
Je ne crois pas avoir déjà entendu cette expression auparavant - je me méfie quand même de ma mémoire creuse -, mais il n'a fallu qu'une demi-seconde pour que son évidence s'impose. Non, aucun doute : "post-cyberpunk" me parle et me correspond. Bien vu !
Mekioussa Boudjema, journaliste à télénantes, est venue, un jour de la semaine dernière, poser à la maison 14 kg de caméra et 7,5 kg de trépied. Elle n'a, ensuite, plus cessé de les trimballer d'un plan à l'autre, au gré des curiosités incessantes de son regard ainsi que de ses découvertes de l'univers d'objets de xine.
Une demi-journée de discussion à bâtons rompus sur la SF, l'écriture, les lieux source (d'énergie, d'inspiration, de sens), les sciences, Nantes... et les personnages de mes romans.
Mekioussa en a construit 4 minutes et des poussières d'un reportage réalisé pour le magazine culturel Najda.
Quatrième de couverture (texte) de Treis, altitude zéro, par Gilles Dumay :
"La guerre est imminente.
Dans ses visions, Cinabre voit Samarante en ruine. Kidnappée par le seigneur de guerre Valar de Thirce qui compte utiliser ses pouvoirs mentaux pour déjouer les plans de l'ennemi, la jeune préfigurée accepte de coopérer. À la seule condition de pouvoir se rendre à Treis, la Cité mère.
Oshagan fera partie du voyage.
Treis, altitude zéro, une cité rendue servile, une ville obèse, terrorisée par les guestals, rompue aux caprices de l'ambitieux conseiller Maspéro Kémal et de son redoutable tueur, le hurleur de rêves. Treis... Où vit aussi la Marraine, patronne de la pègre qui connaît peut-être un moyen de retrouver Joti, la sœur disparue d'Oshagan.
Suite directe des Tours de Samarante, Treis, Altitude Zéro est le second volume d'une des plus ambitieuses trilogies de la science-fiction française contemporaine. Un roman vertigineux, d'une densité rare, à l'écriture unique : d'une poésie constante, mais aussi capable des plus terribles accès de violence.
Norbert Merjagnan s'est fait connaître avec Les Tours de Samarante, un premier roman finaliste de plusieurs prix et lauréat du Nouveau Grand Prix de la Science-Fiction française. Il vit près de Nantes, avec son épouse et ses deux fils."
Manchu travaille ces jours-ci sur Treis, altitude zéro (roman faisant suite aux Tours de Samarante), dont il s'apprête à illustrer la couverture. Il a réalisé plusieurs crayonnés et ci-contre se trouve la composition qu'il utilisera pour sa peinture.
Au premier plan, un fardier militaire. Une caravane bigarrée emprunte le Chemin de sel qui mène à l'une des portes de Treis. En arrière plan, la Tour Pharame surplombe les murailles massives de la Cité mère.
On a pu les voir, les croiser, au détour d'un article ou d'un reportage sur les cortèges de manifestants... Ce sont les banderoles brandies par les femmes et les hommes du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine. Et comment ils flottent, ces messages, ces drapeaux bleu-blanc-rouge, comment ils résonnent ces tocsins et ces cris de guetteurs et cette musique de chambre, pleine rue ! Il y a quelque chose d'ancien et de nouveau, quelque chose qui bouleverse les âges, il y a comme une onde qui remonte l'échine à travers les temps.
Dans un récent entretien au Monde, Ariane Mnouchkine, parlant au nom de sa troupe, estimait qu'il leur fallait manifester "avec les moyens du théâtre. Parce que c'est justement son rôle, d'incarner du sens, de donner une forme à des rituels qui peuvent être un peu fatigués". "Et puis, dit-elle, nous voulions partager cette inquiétude à notre façon, en apportant de la joie, de l'émotion, de l'enthousiasme, et accompagner cette énergie d'un pays qui se réveille."
Florilège de leurs messages de réveil...
On a de tout avec de l’argent, Hormis des moeurs et des citoyens. J.J Rousseau
Elle est bientôt finie cette nuit du Fouquet’s ? Le Peuple Les frelons ne sucent pas le sang des aigles Mais pillent les ruches des abeilles. Shakespeare
Ce n’est pas dans un palais de peur que l’Espoir entrera. Eschyle (Agamemnon)
Quand l’Ordre est injustice le Désordre est déjà un Commencement de Justice. Romain Rolland (Le 14 juillet)
A présent des révoltes incessantes lui reprochent ses parjures. Ceux qu’il commande n’agissent que sur commande. Rien par amour. Et maintenant il sent son titre qui pend, flasque, sur lui Comme la robe d’un géant sur un faussaire nain. Shakespeare (Macbeth) L’économie est la science du partage.
Deux ans et demie d'écriture pour un nouveau roman. Son titre : "Treis, altitude zéro".
Les lecteurs des Tours de Samarante pourront bientôt (début 2011...) découvrir la suite de ce qui, dès l'origine, était conçu comme le premier tome d'une trilogie. "Treis, altitude zéro" est donc le second opus.
J'ai remis en juillet le manuscrit à Gilles Dumay, le directeur de la collection Lunes d'Encre aux éditions Denoël. Gilles est un éditeur exceptionnel. Non seulement il m'a laissé le temps d'écrire ce livre à mon rythme d'insecte rampant, mais qui plus est, une nouvelle fois, il me fait confiance... Quel que soit le destin de ce roman, il doit déjà beaucoup, énormément, à la confiance renouvelée, réaffirmée, de son éditeur. Comment ne pas l'en remercier ?
J’ai reçu une lettre, voici deux mois. Une lettre à laquelle je tenais à répondre, résolument. Mais pas à ce moment-là. J’écrivais alors les derniers chapitres d’un roman. Mon cerveau n’était pas disponible. De moins en moins à mesure que j’approchais de la fin.
Le roman achevé, j’ai repensé à cette lettre. J’étais certain de l’avoir glissée dans un livre, peut-être dans l’un de mes carnets. Je sème souvent ce genre de cailloux. Seulement, voilà, je n’ai pu remettre la main sur elle (il ne me reste que l’enveloppe sans mention d’expéditeur !). Je me trouve maintenant dans une situation impossible : la lettre disparue ; je ne puis répondre à son auteur dont je n’ai plus le nom ni l‘adresse. Sait-on jamais ? Peut-être lira-t-elle ces mots ? Pour qu'elle se reconnaisse, voici ce que je sais : ma correspondante est une femme, écrivain. Elle m’a envoyé spontanément ce mot suite à un article de presse sur le thème de la surdouance (où j'apportais un témoignage). Elle concluait en demandant s’il y avait matière ou lieu à échange.
Et oui ! Oui. Il y a !
Hélas... Ne voyant pas venir de réponse, l’auteure de la lettre (mais que n’ai-je au moins commandé un de ses livres lorsque j'ai découvert sa missive !) ne lira vraisemblablement jamais ce billet. Si d’aventure elle le faisait, qu’elle sache que je la remercie sincèrement de sa démarche, que je suis navré de n'y avoir pas encore donné suite et surtout, qu'il m'importe d'y répondre. Il n’y a pas d’acte manqué. Simplement le chaos où je tombe parfois en phase d’écriture.
La lettre réapparaîtra peut-être d’elle-même. Dans six mois ou dix ans. Mais ce temps me paraît maintenant absurde. J'émets donc ce billet en contre-programmation. Je troque l'impossibilité où je me trouve contre une éventualité tout à fait improbable ! Un geis, donc.
Je ne boude pas mon plaisir. Cependant, je pense sincèrement que cette sélection dépasse les seules pages de "Louise". Qu'elle porte en réalité sur l'ensemble de l'anthologie 69 qui réunit de très bons, drôles, plaisants et excitants récits. Qu'elle leur est adressée, "Louise" en fer de lance, à chacun.
Oserais-je un avis ? Les trois livres qu'Absalon Nathan n'écrira jamais, de Léo Henry, n'est pas seulement le texte d'un auteur de talent. C'est le texte d'un écrivain. Vrai. Subtil, criant, puissant. Je lui souhaite le prix.
A tous ceux que la "pandémie" (voir note ci-dessous*) du virus A H1N1 inquiète ou intéresse, je conseille très vivement de regarder ce documentaire réalisé par Jutta Pinzler etdiffusé le 20 octobre 2009 sur ARTE. Il s'intitule "Profiteure der Angst. Das Geschäft mit der Schweinegrippe". Traduction : "Le profit de la peur. Grippe porcine -A H1N1: une très bonne affaire".
Le documentaire dure 52 minutes. 52 minutes édifiantes sur, d'un côté, la puissance des multinationales pharmaceutiques, et de l'autre, l'impuissance des organismes de santé publique et la corruption qui les ronge. A l'échelle internationale (cf. l'Office mondial de la Santé), l'intrication est manifestement structurelle entre intérêts d'argent et mesures sanitaires. Pour parler de corruption, encore faut-il qu'il y ait un corps sain. A ce niveau, ce n'est manifestement pas le cas. Au niveau national, les organismes publics ne semblent même plus en capacité de contrôler le B-A BA de la recherche privée. A force de réduire les moyens qui leur sont alloués, les gouvernements de droite, idéologiquement néolibéraux, en ont fait des instances fantoches, aisément manipulables. On est très loin de l'Etat gardien de la santé publique et de l'intérêt collectif. Bienvenue dans l'Etat promoteur des productions pharmaceutiques industrielles ! Un peu d'espoir dans cet océan de turpitudes : en dépit de cet effondrement de la vertu publique, des contrepouvoirs sont encore capables d'indépendance, signalons-le : le corps médical (dans sa grande majorité) et la recherche universitaire. A méditer.
Voici donc l'intégralité de ce documentaire, en 4 volets. Source : Arte.
*Extrait du documentaire : "En mai 2009, l'OMS supprime deux points essentiels dans la définition de la "pandémie". Auparavant, elle supposait un nombre élevé de décès et de malades dans plusieurs Etats. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, il suffit, pour décréter une pandémie, d'une transmission accrue et durable du virus dans au moins deux des six régions de l'OMS."
L'anthologie 69 est en librairie. Sortie officielle : 2 novembre. Editions ActuSF. Prix : 10€
Charlotte Volper a dirigé ce recueil au sein des éditions ActuSF, épaulée par Jérôme Vincent et Eric Holstein. De ce bel objet, voici ce qu'elle dit en préface ; et en bref :
Des êtres synthétiques soumis à nos désirs, de l’orgasme en capsule, la radiographie du plaisir. Nos futurs nous réservent des fantasmes inédits et mystérieux... Douze auteurs soulèvent le lourd rideau des tabous pour emprunter la voie des sens et mieux affoler les nôtres.
Anthologie sulfureuse, aux frontières de l’érotisme, de la science fiction et du fantastique, « 69 » réuni douze auteurs français de renom des littératures de l’Imaginaire.
Quelque part parmi les 12... Stéphane Beauverger, Eddy Merckx n’est jamais allé à Vérone Maïa Mazaurette, Saturnales Daylon, Misvirginity Mélanie Fazi, Miroir de porcelaine Francis Berthelot, LXIX Sylvie Lainé, Toi, que j’ai bue en quatre fois Norbert Merjagnan, Louise ionisée Gudule, Sabbat Charlotte Bousquet, Les Métamorphoses d’une martyre Jean-Marc Ligny, Vertiges de l’amour Virginie Bétruger, Descente Joëlle Wintrebert, Camélions. ... figure "Louise ionisée", un nouvelle que j'ai écrite suite à une discussion avec Eric Holstein.
L'anthologie est sortie en avant-première aux Utopiales 2009, notamment sur cette table (cf. photos du bas - les photos sont de Mélanie Fazi) où, par rangée de trois ou quatre auteurs, nous signions à la chaîne des ouvrages précommandés. Moi, ça m'a bien plu... Mais je ne suis pas un habitué.
Regard étonnant, inspiré, de Systar sur Les Tours de Samarante. En 6 numéros. Et je ne me contredis pas. Bruno Gaultier se livre à toute autre chose qu'une critique. Il lève des voiles, avec une impudeur obsessionnelle ainsi qu'une méthode tout à fait singulière. Chronique cartographique où la carte prend sa part de réel.
"Je suis de la race des Skalds ; dès que j'ai su que la poésie des Urniens se réduisait à un seul mot, je me suis mis à leur recherche" Borges, Le Livre de sable