11 octobre 2012

On verra ça demain, France Inter 3-8-12 > P




Le 3 août dernier, nous étions avec Alain Damasio et le journaliste Ariel Kyrou invités à l'émission de Daniel Fiévet, On verra ça demain, sur France Inter, avec pour thème : "cerveau et réseau".

Il y avait tant à dire sur ce thème et si peu de temps.

55 minutes - (moins) le temps des présentations, des questions, des bandes son de films, des références (définition du cyberpunk) =  30 minutes à se partager.

30/3 
 =
10

La minute est rare en mass-média. Tous les annonceurs en connaissent d'ailleurs le prix avec une comptable exactitude.

10 minutes pour parler de la mémoire, de sa possible manipulation, des jeux d'influence entre réseaux et cerveaux, de la virtualité, des neurosciences, du cyberpunk, des jeux video, des réseaux sociaux, des avatars...

Les ruses de l'intelligence: La mètis des GrecsEt de la mètis des grecs ! dont il m'est apparu que l'exemplarité était évidente avec le thème choisi. Oui.
Ou, comment l'intelligence doit-elle être ingérée par le pouvoir afin qu'il arrête le cycle de la renaissance (et de chaos -essentiellement mais pas tout à fait- fertile) et qu'il instaure une ère historique de stabilité (et d'ordre -essentiellement mais pas tout à fait- stérile). Ou encore, pourquoi l'intelligence est-elle indispensable et préseante à toute évolution collective (ici, l'avènement de l'"ère réseau") et pourquoi il est inutile de geindre si on fait le choix d'en manquer.

Il ne restait que 12 secondes pour dire cela. Hum !
¡Caramba!

...


Le studio à 13h46.



(et que la sonorité d'un studio de radio est douce et limpide ! Quel lieu paisible pour l'oreille !)

Merci donc aux journalistes de radio Daniel Fiévet et Simon Assoun de m'avoir invité en aussi bonne compagnie.

Pour le temps, il faudra peut-être attendre qu'une machine le rende un tant soit peu plus souple. Ou pas. Selon moi, le temps est la condition même d'une rencontre entre deux états complexes. Il la rend possible. Ou peut-être... il résulte de cette possibilité. À la radio, c'est simple : il est affiché en chiffres rouges très lumineux comme le seul astre de ce monde enfoui et, entre deux séances de parole, étrangement silencieux. Ah zut, non, ça c'est l'heure.

10 octobre 2012

Lettre à mes comparses et feu camarades socialistes qui ont une fois de plus voté oui à un traité injuste et injustifiable > P

Par souci de clarté, j'ai écrit cette lettre sous forme de dialogue imaginaire, de questions-réponses.

En voici le sujet : l'Assemblée nationale a adopté ce mardi par 477 voix contre 70 le projet de loi qui autorise la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au sein de l'Union économique et monétaire. Le fameux traité budgétaire européen.

Ce traité a-t-il été renégocié ? 
Non. Il s'agit du texte négocié par Merkel et Sarkozy, dont pas une virgule n'a été changé.


Le "pacte de croissance" négocié par Hollande fin juin 2012 change-t-il la nature et l'impact de ce traité ?

Sur la forme, le pacte de croissance est une négociation financière qui n'entretient aucun lien juridique avec le traité. L'association des deux est donc factice. C'est bien le traité et lui seul qu'a ratifié le Parlement français.

Sur le fond, le pacte de croissance est égal à environ 120 milliards d'euros. Sur ces 120 milliards:

  •  60 milliards proviennent de fonds structurels européens non employés (par définition, déjà budgétés)
  • 50 milliards sont des fonds de la banque d'investissement des PME innovantes, déjà engagés.
  • Solde 120 - 110 = 10 milliards d'euros.

La négociation de François Hollande le 28 juin dernier se solde donc par un gain réel de 10 milliards d'euros. À l'échelle européenne, il s'agit d'une somme excessivement faible, à comparer aux montants investis par l'Europe pour renflouer les banques (4500 milliards d'euros entre 2008 et 2011, voir plus pas).

La seconde mesure du pacte de croissance est la taxation de produits financiers, une mesure relativement légère qui était portée par Merkel et Sarkozy au G20 de Cannes en novembre 2011. Rien de nouveau, là encore.

C'est cependant au regard de cet apport ridicule (+ 10 mds d'euros) que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le Président François Hollande déclarent qu'ils ont "réorienté l'Europe" vers la croissance (et qu'il fallait donc voter un traité qu'ils ont vilipendé 6 mois plus tôt). Le ridicule ne tue plus en France, du moins le ridicule de l'esprit.

"Bravo l'artiste !" : ce salut d'un commentateur politique (hier soir sur France 5) traduit bien l'état d'esprit général des éditorialistes sur le sujet. On salue l'illusionniste (car un artiste, aux yeux de ces gens, n'est pas un chercheur du vrai ou du beau, c'est un manipulateur, un faussaire) qui est parvenu à faire gober un Léviathan dans les bouches bées de parlementaires socialistes (sauf 12 courageux) et au final, dans le gosier des gens de ce pays.

En quoi ce traité est-il préjudiciable ?

En instituant la règle d'or, il fait mécaniquement porter sur les finances publiques un surcroît d'endettement dont l'origine est privée (voir ci-dessous : D'où vient l'énorme surcroît de dette ?). Ce mécanisme, associé au soutien constant que les Etats apportent aux institutions bancaires ("too big to fall"), grève l'avenir de nos sociétés et l'assujettissent aux prises de risque spéculatives des grandes banques.

En effet, les mesures d'austérité auxquelles conduisent ce traité reposent sur :
  1. une hausse des impôts
  2. une réduction de la dépense publique.
En période de récession et de diminution durable du pouvoir d'achat, les marges de manoeuvre fiscales sont limitées. En clair, l'association d'une croissance négative (inférieure à l'inflation) et d'une hausse fiscale ne peut conduire, au mieux, qu'à une légère augmentation des ressources provenant de l'impôt, sinon à une stagnation. On aura alors atteint un plafond de la fiscalité, c'est-à-dire une limite au-delà de laquelle toute hausse des indices entraînera une diminution de croissance et, au final, une diminution des ressources fiscales réelles.

Dès lors que le gouvernement aura épuisé les faibles marges fiscales qui demeurent et aura atteint ce plafond, il ne restera plus qu'une variable pour désendetter l'Etat : la réduction de la dépense publique.

Et c'est là l'objectif bel et bien néo-libéral de ce traité : la réduction de la dépense publique est une condition nécessaire à la privatisation des activités qui échappent encore, au moins partiellement en Europe, à la sphère marchande : la protection sociale, la santé, l'éducation, la dépendance, les transports, l'énergie.


Quels sont les ordres de grandeur entre ce pacte de croissance et les sommes destinées au renflouement des banques ?
  • 120 milliards pour le pacte de croissance, somme destinée à financer sur plusieurs années* des projets d'économie réelle (industriels, innovants, etc.), c'est-à-dire in fine des entreprises
  • 4500 milliards dépensés entre 2008 et 2011 par les pays européens pour re-solvabiliser les établissements bancaires européens
  • Rapport de 1 à 37 entre l'argent investi dans l'économie réelle et l'argent investi dans l'économie financière
(* les 120 milliards sont des financements de projet et ont donc une logique pluriannuelle, ce qui réduit encore leur valeur relative).

D'où vient l'énorme surcroît de dette ?

Je cite, car on ne saurait mieux dire, un extrait d'un communiqué de la Commission européenne datant du 6 juin 2012 :
"Afin d'assurer la continuité de services financiers essentiels pour les citoyens et les entreprises, les États ont été contraints d'injecter des fonds publics dans les banques et de leur accorder des garanties pour un montant sans précédent: entre octobre 2008 et octobre 2011, la Commission européenne a approuvé environ 4 500 milliards d'euros d'aides d'État en faveur des établissements financiers, ce qui équivaut à 37 % du PIB de l'UE. Si elles ont permis d'éviter des faillites bancaires et une désorganisation économique à grande échelle, ces mesures ont pesé sur le contribuable et grevé lourdement les finances publiques, sans régler la question de savoir comment gérer les grandes banques transfrontières en difficulté."

Ces 4500 milliards (un nombre qu'il faut évidemment réévaluer à la hausse aujourd'hui, soit un an plus tard) ont mécaniquement fait dévisser les finances de tous les états européens (le même mécanisme a eu lieu dans tous les pays de l'OCDE) à partir de 2008 comme le montre très bien l'infographie suivante, réalisée par le journal suisse Le Temps. En France, le surcroît de dette représente en engagement environ 25 points de PIB nominal (et un solde annuel qui est passé de 3,4 point à 7,9 point de PIB).

En clair, les banques, après avoir spéculé massivement sur des titres douteux, se sont trouvées avec des avoirs insolvables et, au bord de la faillite, elles sont obtenues des Etats diverses aides financières d'un montant inégalé, sous forme de prêts, de garanties ou de financements.

Les Etats n'ayant alors pas d'autres moyens pour produire ces financements qu'emprunter, ils empruntèrent ! Et ils empruntèrent auprès de ces mêmes banques au bord de la faillite (car les Etats n'ont plus le droit depuis le début des années 70 - 1973 en France-  d'emprunter à leur banque centrale). Et là, magie de la finance, des créances privées pourries et sans valeur furent transformées en créances publiques valorisables puisque les Etats peuvent, in fine, lever l'impôt pour les rembourser.

Hausse d'impôt que vient de décider le gouvernement Ayrault et ce qu'avait décidé avant lui le gouvernement Fillon (via la TVA sociale). Hausse d'impôt qui se révèlera insuffisante au regard des objectifs de réduction de dette, ce qui ne laissera d'autre choix que la réduction de la dépense publique et accentuera la privatisation de secteurs clé de notre société (dans un premier temps l'énergie et les transports, ensuite la santé, la protection sociale et la dépendance).


Est-il juste que les contribuables (particuliers et entreprises) payent ce surcroît de dette ?

À l'évidence, non. La loi du plus fort est toujours la meilleure.

Pourquoi un gouvernement socialiste valide-t-il une imposture financière faisant porter sur l'impôt une dette directement issue de sa spéculation financière ?

C'est une excellente question. Chaque fois que j'ai eu l'occasion de la poser à un de mes feu camarades socialistes, je n'ai eu que des réponses relevant de la morale : "il ne faut pas laisser cette dette à nos enfants" ou de la peur : "c'est ça ou la fin de l'Europe".

Il faut avoir en tête que l'idéologie social-démocrate (celle de la "2ème gauche") est aujoud'hui ultra-dominante au PS. Or, cette idéologie se refuse, par principe, à tout interventionnisme économique, se bornant à corriger les méfaits d'une économie devenue trop injuste ou néfaste pour le plus grand nombre. Ce positionnement, étrangement dogmatique, conduit les actuels dirigeants de la social-démocratie européenne à valider des choix économiques intenables et injustifiables. Ils n'hésitent pas à "demander des sacrifices" (notons que le sacrifice est un terme religieux) à leur population alors qu'ils n'en demandent aucun aux institutions financières qui ont plongé la planète dans un endettement public général. On est là au-delà du paradoxe. On est dans l'imposture.

Je pense par ailleurs que la plupart des responsables et ce, au plus haut niveau, ne comprennent rien aux mécanismes financiers des institutions bancaires. La logique de la valeur d'un prêt, donc de la valeur de sa signature et donc in fine de la valeur de l'argent (car l'argent est créé par prêt) leur échappe totalement par exemple.
Il est très difficile à un citoyen d'accepter l'idée que ses chefs politiques ne sont pas fondamentalement intelligents ou disons-le autrement, que leur intelligence n'est pas aussi lumineuse que ce l'on pourrait espérer. Cela remet tant de choses en cause dans l'organisation sociale des pouvoirs ! C'est cependant ma conviction et ma conclusion. Nos dirigeants ont des cerveaux bien faits pour gérer des systèmes relativement stables (la gestion d'une ville par exemple) et pour la conquête du pouvoir, ce qui demande surtout beaucoup de mémoire, une bonne logique et une personnalité égocentrique et solide, mais ils s'avèrent démunis, intellectuellement démunis, pour appréhender des systèmes fluides et complexes qui nécessitent une intelligence globale, intuitive et analytique. Or, la finance moderne est un système fluide et complexe. En fait, les cerveaux qui sont sélectionnés par les organisations, les écoles, les partis, les milieux d'influence, pour gouverner sont parfaitement adaptés pour faire ce que ces structures attendent d'eux : gérer. Pour le reste, la surprise est rare.

Quelle conséquence en tirer politiquement ?
Il m'en coûte de le dire, mais le socialisme est aujourd'hui incapable d'apporter une réponse adaptée à la situation économique et financière très grave de nos pays. On ne bâtit pas l'avenir en faisant payer au plus grand nombre les prises de risque spéculatives d'une infime minorité d'actionnaires, en ponctionnant l'économie réelle au seul profit d'une économie financière virtuelle. 

On ne bâtit rien de sain sur un mensonge.

Et personnellement, je n'associerai jamais ma parole et mes actes à un mensonge d'une si grande portée qu'il met en cause les fondements même d'un juste contrat social.

Dont acte. Je viens de quitter le PS.

07 juin 2012

Tout se passe dans ma tête > P


Extrait d'une interview conduite par Patrice Lajoye pour la revue "Géante Rouge" n°20 :


« Tout se passe dans ma tête »

"Entretien avec Norbert Merjagnan
Les Tours de Samarante furent une surprise pour beaucoup : un premier roman sorti de nulle part, écrit par un auteur dont nul ne connaissait rien, et surtout un excellent roman, confirmé par sa suite, Treis Altitude zéro. Interviewer son auteur, Norbert Merjagnan relevait donc pour nous de l’évidence.

Géante Rouge : Pourquoi écrire un roman ? Qu’est-ce qui te motivait dans cet acte malgré tout assez singulier ?

NM : Le roman, c’est un temps long. Une forme narrative qui correspond à ce que je cherche. Et je crois que ce que je cherche, c’est le récit vrai, celui qui s’impose parmi tous les récits possibles, celui qui n’est pas un simple jeu, jeu d’écriture ou jeu d’esprit.

GR : Une légende, au sens étymologique ?

NM : Oui, mais il faut que je te donne un éclairage. En fait, j’ai commencé à écrire des choses assez tôt mais cela n’allait pas parce que les mots, le langage, me semblaient fragiles, à la limite du faux, artificiels. Je m’apercevais que je pouvais en jouer, créer du «jeu», au sens d’un espace dans les rouages et au sens d’un plaisir d’esprit ; mais cette langue ne me permettait pas de toucher à l’essentiel : la vie, l’enchantement, l’univers, toucher à ce qui est caché. Il s’est passé longtemps, une petite vingtaine d’années, où j’ai lu, j’ai cherché à mieux comprendre ce qu’était un langage – des mots, des signes, des formes – et je pense que j’ai décidé d’écrire le jour où j’ai eu le sentiment que  les mots ne se jouaient plus de moi et que moi je ne me jouais plus d’eux. Ce sentiment c’était aussi l’idée que la Parole, le Verbe n’était pas inaccessible, que le langage pouvait être vif, chargé d’énergie, magique au sens anthropologique de la magie archaïque, c’est-à-dire «animé», chargé d’âme, et donc pour moi toute écriture réelle est une recherche de cette langue-là et à mes yeux un auteur est un chercheur, et s’il ne l’est pas, c’est un menteur."


22 mai 2012

Éducation de masse vs pensée divergente > V

Changer le paradigme de l'éducation de masse, d'un système académique de transmission des savoirs calquée sur l'ordre de l'usine (et à mon avis, de l'armée) vers une forme d'apprentissage laissant une place et une chance à la pensée divergente, à la collaboration et à des formes diverses d'apprentissage (plusieurs approches pour un même problème).

Hélas, pour un homme qui enseigne la pensée multiple et divergente, il reste et restera longtemps des bataillons d'imbéciles qui reproduisent à l'unisson la fabrique des moutons. Qu'importe ! Cette démonstration (multiforme) est à écouter/voir/sentir sans modération ! Un petit délice d'intelligence, qui fait du bien !

Miam.



Ken Robinson (great speaker !) sur le net : http://sirkenrobinson.com/skr/

Animation graphique (great people !) : http://www.cognitivemedia.co.uk/index.php/

02 décembre 2011

Photos Utos > V

Moment de légèreté surréaliste où David Calvo paterne Norman Spinrad affrontant une console.

La scène a eu lieu dans la zone jeux video, à quelques mètres de l'entrée des Utopiales, laquelle, à ce moment précis, était étrangement déserte. Spinrad n'a presque pas parlé, il est venu là, a pris des manettes en main et a tenté de dompter la machine, pur novice guidé par la parole tour à tour technique et poétique de David. Un moment en totale suspension...

Calvo, Spinrad

Same players...

...play again

Sans doute alléché par les vapeurs fantastiques de cet instant, Greg Broadmore s'y est glissé à son tour...

Greg Broadmore



Le lendemain ou surlendemain. Je portais ce jour-là un T-shirt spécial Utopiales.
Mathias a tenu à éprouver l'hypothèse par l'expérience des faits. Donc, voilà... ;)

Caro ou pas

(photo prise sans vergogne au blog de La Volte)

C'est tout.

26 novembre 2011

J'aime pas la S.F. ! > V

"J'aime pas la SF !"
Un constat souvent entendu dans la bouche des lecteurs.
Les associations O'Librius et Fondu Au Noir organisent une soirée pour sortir la science-fiction des clichés qui l'entourent.
Débat, invités, jeux d'écriture, lectures, bibliothèque idéale, table de jeu, concert... Tout sera fait pour montrer ce qu'est réellement la SF !

Rendez-vous jeudi 1er décembre à partir de 19h00
11 rue des Olivettes - 44000 NANTES

Le débat débutera à 20h. avec notamment :
Norbert Merjagnan, auteur
Marie Masson, coordinatrice générale des Utopiales
Denis Savine, traducteur (Metro 2033/2034 de Dmitry Glukhovsky)

J'espère vous retrouver jeudi 1er décembre dans la très bonne compagnie des fondus au noir et des olibrius !

Et n'hésitez pas à écouter ce que répondent les auteurs de SF - interrogés durant les Utopiales - à l'épineuse question : "Que diriez-vous à quelqu'un qui n'aime pas la SF ?"

17 octobre 2011

Comment sait-on que l'on est libre ? > R


"... Comment sait-on que l'on est libre ?
- Demandez-vous pourquoi on le veut, s'énerve la marraine. Il faut être stupide ! Libre. Libre. Libre. Vous croyez que ça les émeut, les gens ? Vous croyez ce qu'ils en racontent ? Mais ma petite chérie ! Ils mentent. Ce que vous ignorez, ils le savent. La liberté retire tout, tout ce qui fait les hommes. Elle retire les petites cases où l'on range, où l'on ordonne, on sert et on se sert. On les reçoit très tôt, ces petites cases. Dès enfant, on apprend qu'il y a tout à y gagner. Faveurs, sourires, bons points, ça s'enchaîne. Et qu'est-ce qu'on a, de l'autre côté ? Un vaste mensonge et une poignée de verbes... Penser ; chercher ; refuser ; peiner ; douter. Marcher à contre-courant. Sans le moindre intérêt ! Surtout pas le sien. Le choix est simple. Aux benêts la liberté et pour les autres, tout le reste. Vous en voulez encore ?
- Je n'en veux pas. Elle me poursuit.
- Oui, soupire Retiola. Il y a aussi ceux qui s'entêtent, les vrais, les grands stupides ! Cessez de vous torturer. Vous en êtes. je vais vous dire. La liberté se trouve là où vous iriez de toute manière : sur la voie difficile. Elle est le choix difficile. C'est une loi qui ferait péter d'envie le plus coincé des savants ! Il n'y a pas d'exception."


Treis, altitude zéro

(conversation entre Cinabre et Retiola, chapitre 29 "Route retour")

08 juillet 2011

Treis, altitude zéro : critiques presse > P

Critiques parues dans la presse :

Libération, Frédérique Roussel, 19 mai 2011
"Même économie descriptive pour un monde pourtant palpable et poétique."

L'écran fantastique, Claude Ecken, juin 2011
Le livre du mois.
"Si on a toujours Gibson en tête, le rapprochement avec Dune est plus évident ici, pour la profondeur de la réflexion, pouvoir, religion, violence, magistralement traitée à travers un récit à la dimension mythique et une écriture dense pareillement parsemée d'aphorismes."

Le magazine littéraire, Philippe Curval, juin 2011
"On le devine, Treis, altitude zéro, est un roman dur, contraignant, qui demande au lecteur une attention de tous les instants pour accepter cet univers subliminal que Merjagnan construit avec patience, exigence. Car, mieux qu’un auteur de science-fiction désireux de nous enfermer dans une logique spéculative, il cherche, grâce à la réelle volupté que procure son écriture, à nous transmettre l’immatérielle sensation de basculement dans une création inconciliable avec notre pensée."

Treis, altitude zéro : chroniques réseau > P

Chroniques parues sur le réseau :

Scifi-Universe, Manu B., 27 février 2011
"Le post-cyberpunk renaît de ses cendres".

Le blog de Viinz, 4 avril 2011
"un univers splendide à fois dépaysant et étrangement familier"

Gromovar, 17 avril 2011
"Le dormeur doit se réveiller."

ActuSF, avril 2011
"Les lecteurs des Tours de Samarante retrouveront avec plaisir un langage familier"

Écolesjuives.fr, avril 2001
"un délice et une évasion totale".

Mes ailleurs, El Jc, 26 mai 2011
"La plume de l’auteur fait encore merveille. (...) Résolument personnelle, nerveuse, inspirée, poétique parfois, elle emporte et séduit, mais ne se livre pas sans quelques passes d’arme."

La grande bibliothèque d'Anudar, 5 juin 2011
"S'il fallait le chroniquer en une phrase, celui-là, ça serait par celle-ci : en voilà de la belle science-fiction."

Palabres éclectiques, 13 juin 2011
"on peut ajouter en guise de référence le Roger Zélazny de Seigneur de Lumière, mais avec un style empreint du (faux) détachement de Cordwainer Smith. Autant dire que c'est beau. Souvent cruel, mais beau."

Délices & Daubes, 24 juin 2011
"Monsieur Merjagnan ? Respect !"

17 juin 2011

Les tours de Samarante, nouvelles critiques > P

Suite à la sortie en Folio SF des Tours de Samarante, de nouvelles* critiques :

Myowntoshokan, 4 juin 2011
"Un roman à conseiller pour les amateurs d'univers originaux et créatifs et pour les amoureux d'un style bien tourné."

Coup de coeur des vendeurs FNAC
" Ce premier roman, enrichi de somptueuses métaphores, s'apparente à un coup de maître."

Avis Amazon de Finity's end Hellburner
"un bon roman cyberpunk à la saveur très particulière"

Blogo numericus : le bruit de fond du réseau

Les chroniques de l'imaginaire
"Ce premier roman, entre planet opera et post-apocalyptique, est remarquable."

(*en archive, de plus anciennes chroniques parues lors de la sortie du roman chez Denoël)

02 mai 2011

Les questions de Manu > P

Cette fois-ci, c'est Manu B. (Oman), du site SciFI Universe, qui me soumet à la question - et que je remercie pour le partage de passion et pour son intérêt !

L'entretien a eu lieu vers la mi-avril. Manu y interroge mon optimisme sur l'avenir de la littérature SF en France. Nous avons parlé de science et de hard-science, de cybernétique, de la confrontation - très cyberpunk - des bios-mécas, de la place que prennent les personnages de mes romans...

Et ça peut se lire ici.

29 avril 2011

Les 21 questions de Gromovar > P

Après avoir publié une chronique de Treis, altitude zéro, Gromovar m'a proposé le principe d'un entretien. 21 questions & 21 réponses plus tard, l'entretien est en ligne sur son blog ainsi que sur Planet-SF.

Et les questions valaient carrément le coup !

14 avril 2011

Les tours de Samarante, parution Folio SF > V

Les tours de Samarante
Parution en Folio SF
le 14 avril 2011

Illustration de YOz

Comme je l'avais fait pour Manchu, je remercie YOz pour sa patience (mon goût du "juste" tourne parfois à l'obsession), pour son travail et son talent.

28 février 2011

Post-cyberpunk > P

Le "post-cyberpunk"... Terme qu'emploie Oman dans la critique qu'il vient de signer sur SciFi Universe, la première chronique de Treis, altitude zéro (à ma connaissance).

Je ne crois pas avoir déjà entendu cette expression auparavant - je me méfie quand même de ma mémoire creuse -, mais il n'a fallu qu'une demi-seconde pour que son évidence s'impose.
Non, aucun doute : "post-cyberpunk" me parle et me correspond. Bien vu !

19 février 2011

Triple A sur Najda > V

Mekioussa Boudjema, journaliste à télénantes, est venue, un jour de la semaine dernière, poser à la maison 14 kg de caméra et 7,5 kg de trépied. Elle n'a, ensuite, plus cessé de les trimballer d'un plan à l'autre, au gré des curiosités incessantes de son regard ainsi que de ses découvertes de l'univers d'objets de xine.

Une demi-journée de discussion à bâtons rompus sur la SF, l'écriture, les lieux source (d'énergie, d'inspiration, de sens), les sciences, Nantes... et les personnages de mes romans.

Mekioussa en a construit 4 minutes et des poussières d'un reportage réalisé pour le magazine culturel Najda.

Son reportage, diffusé en ce moment sur la chaîne, se trouve également en video - podcast pas plus loin qu'ici (séquence à partir de 4'49'').

12 février 2011

Treis, altitude zéro : quatrième > R

Quatrième de couverture (texte) de Treis, altitude zéro, par Gilles Dumay :

"La guerre est imminente.

Dans ses visions, Cinabre voit Samarante en ruine. Kidnappée par le seigneur de guerre Valar de Thirce qui compte utiliser ses pouvoirs mentaux pour déjouer les plans de l'ennemi, la jeune préfigurée accepte de coopérer. À la seule condition de pouvoir se rendre à Treis, la Cité mère.

Oshagan fera partie du voyage.

Treis, altitude zéro, une cité rendue servile, une ville obèse, terrorisée par les guestals, rompue aux caprices de l'ambitieux conseiller Maspéro Kémal et de son redoutable tueur, le hurleur de rêves. Treis... Où vit aussi la Marraine, patronne de la pègre qui connaît peut-être un moyen de retrouver Joti, la sœur disparue d'Oshagan.

Suite directe des Tours de Samarante, Treis, Altitude Zéro est le second volume d'une des plus ambitieuses trilogies de la science-fiction française contemporaine. Un roman vertigineux, d'une densité rare, à l'écriture unique : d'une poésie constante, mais aussi capable des plus terribles accès de violence.

Norbert Merjagnan s'est fait connaître avec Les Tours de Samarante, un premier roman finaliste de plusieurs prix et lauréat du Nouveau Grand Prix de la Science-Fiction française. Il vit près de Nantes, avec son épouse et ses deux fils."

Sortie prévue en librairie : début avril 2011.
(éditions Denoël, dans la collection Lunes d'Encre)

Treis, altitude zéro ; première > V


Première de couverture (illustration) du roman Treis, altitude zéro ; par Manchu.

Sortie prévue en librairie : début avril 2011.
(éditions Denoël, dans la collection Lunes d'Encre)

29 novembre 2010

Les abords de Treis : crayonné de Manchu > V


Manchu travaille ces jours-ci sur Treis, altitude zéro (roman faisant suite aux Tours de Samarante), dont il s'apprête à illustrer la couverture.
Il a réalisé plusieurs crayonnés et ci-contre se trouve la composition qu'il utilisera pour sa peinture.

Au premier plan, un fardier militaire. Une caravane bigarrée emprunte le Chemin de sel qui mène à l'une des portes de Treis. En arrière plan, la Tour Pharame surplombe les murailles massives de la Cité mère.

Le décor est en place.