21 mars 2007

La Zone du dehors > P

Mythique.
La Zone du dehors, le premier roman d'Alain Damasio ("5-lettrés Damsi" en clastre) est en vente, là où on trouve des livres. La Volte réédite, avec un plus évidemment : le FOL -film original du livre- Radmovies.
Alors ? Prises de vitesse. Fin de cycle. Neuve tangente. Les mots qui s'articulent en vertèbres. Science-fiction politique d'hommes debout.

Ce livre est l'alpha des voltés. Il faut s'en saisir, d'autant plus absolument que l'intensité politique est à son comble.
On (re)lit.

Le site de la Zone
(qu'on dira pas qui l'a fait :p)

Le poète Vincent Wahl défend la Zone :

"À Cerclon, colonie modèle installée sur un satellite de Saturne, vivent 7 millions d’exilés d’une Terre presqu’anéantie par les guerres. Dans cette société utopique qui veut réaliser concrètement l’égalité des chances et la fluidité de la démocratie d’opinion, on travaille peu, on se distrait beaucoup, un bon tiers de la population est payé « pour être agréable aux autres », le confort et le niveau technique font mieux que moderne, les multinationales, se nomment Défordre. La paix sociale est scellée par un classement généralisé des personnalités, des efforts civiques et des talents, réputé modèle de transparence, censé assurer l’allocation optimale des rôles sociaux, des emplois, des rémunérations. Les places de ce classement, les identités mêmes sont remises en jeu tous les deux ans, occasion d’une période d’instabilité organisée, suivie de grandes fêtes qui cimentent la société. La surveillance est totale, préventive, discrète."

28 octobre 2006

Genre Limite > P

La science-fiction s'écoute. Si.
Avec les mots, c'est déjà souvent limite. Alors avec du son... ;
ça donne un genre, comme ça.


Extrait de la présentation officielle :
"Philippe Curval contera la relation tragi-comique d’un humain et d’un extra-terrestre, accompagné de la création sonore de BeNe GeSSeRiT / Jacques Barbéri et PALO ALTO (Philippe Perreaudin, Denis Frajerman) illustreront son texte Fais voile vers le Soleil / Laurent Pernice, contrebasse et sons synthétiques, accompagnera le texte de Frédéric Serva Petites musiques entêtantes, lu par Mireille Pena. "


Soir du 2 novembre, 20h30, Lieu Unique, Nantes.

05 août 2006

Pollen > P


Je viens de finir Pollen. De Jeff Noon. Déniché et publié par la Volte.

Vous êtes prêt ?

C'est un livre où les espèces se mêlent sans se soucier des convenances. Grâce à Fertilité 10, tout est concevable. Sans limite. Hybridation généralisée : chien-homme, robot-flic, enfant-zombi, réel-rêve, vérité-ombre, ombre-flic, taxi-amour, flore-faune, et même l’inconcevable…mère-fille !

Dans cet univers de fertilité et de mixité débridées, ce sont des femmes qui mènent la danse :
- Belinda, une X-Cab amoureuse qui coupera peu à peu tous les fils de sa vie
- Sibyl Jones, alias Smokey, sa mère, une ombre-flic incapable de rêver et décidée à aller jusqu’au bout
- Perséphone, l’enfant-fleur qui répand l'amour, la mort et les grains de pollen.

Ces femmes sillonnent Manchester dans un road-trip urbain qui les charrie de l’endroit du décors -la carte rassurante des taxis X-Cab- à ses envers : le monde du rêve qu’on appelle le Vurt, des coins d’Ombre que ne perçoivent que quelques dodos, l’interzone où rampent les zombis. Elles croiseront des hommes et des chiens de valeur tandis que, pendant ce temps, des fleurs violent et tuent !

LISEZ !
C’EST DE LA BONNE !

12 juin 2006

Des mots qui vont ailleurs > P

Là-bas, mon nom est Azbael Cathar-Mor. Entre autre Loki l'Oaken, Fregius, Narf, Cysleith, Fimbrethil, Boulègue, Hermès Faxanadu et animal du même genre.

17 mai 2006

Ivadeh, mère de Til > R

Ivadeh est jeune, encore jeune, malgré l'âge, trente-trois années déjà, malgré les longs pleurs versés sur un amour passant, malgré la sollicitude, même rare, surtout rare, malgré la vie des jours comme les autres quand elle peine pour quelques seaux d'eau, deux oeufs et ce qu'il faut de légumes pour un bouillon, malgré le bonheur des autres qui quelquefois la transperce, malgré elle, car elle est mère avant tout et Til, son fils, lui a offert un songe ; il a dit : man, t'es si jeune que la terre t'a vue naître il y a treize ans, avant elle savait pas que tu vivais, tu étais trop légère, tu faisais pas le poids, c'est quand ton ventre m'a porté que tu as appuyé sur la terre assez pour qu'elle sache ton nom, Ivadeh, et combien tu lui es chère.

Trente trois ans pour les hommes et treize pour la terre, je donnerais cher au change, pense-t-elle en frappant le linge qu'on lui a confié ce jour sur la pierre du lavoir. Ivadeh n'est pas faite pour dormir seule, elle est encore la nuit une simple fillette assaillie de craintes et de visions terrifiantes. Mais le change n'est pas fait pour les lavandières.

Ivadeh vit sur les bords de l'Irs, dans une cabane de paille et de torchis. L'idée ne viendrait à personne de bâtir en dur en cet endroit où la rivière sape continuellement les efforts des maçons. Sauf peut-être à un thaumaturge, mais ça ne compte pas.

Elle se débrouille. Ils mangent, avec son fils. Til a grandi. Déjà, sur la place de Donge, on a donné un sobriquet à sa langue pendue. L'ensongeur.
Til l'ensongeur. Elle en est fière. Ca lui va, comme à son père, mieux déjà parce que lui savait le pouvoir des mots, elle y a succombé, et d'autres, tandis que Til sait la puissance de la parole.

Son fils est du pays, un pays où l'eau et la terre s'entremêlent.

Carreau de mosaïque 5-2

18 avril 2006

La comptine > R

Une rive, deux rets, nous irons chanter,
Trois rimes de lais,
À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt
Six livres, c’est elle, nous irons danser,
Huit pas de côté,
À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt

Une rive, deux rets, nous irons chanter,
Trois rimes de lais,
Six livres, c’est elle, nous irons danser,
Huit pas de côté,
Or neuf, c’est l’aulne
Qui vit sous nos pieds.

À la fin vingt vint, cinq et quatre vingt

Carreau de mosaïque 9-1

L'Irs > R

L’eau vive vient de l’Irs. Capricieuse et rebelle, la rivière prend garde à se mêler à l’eau plate des marais. Quand elle franchit la ville, on la dirait en escapade. Elle grimpe sur les rochers, saute au premier rebord et éclabousse les murets qui bordent son cours. Il y a des siècles, des hommes ont jeté un pont, un ouvrage de quelques pierres et surtout de bois, qui enjambe l’Irs à un endroit où la terre se resserre, où la rivière s’affole, fait un coude puis se jette dans une furieuse cascade, pressée d’échapper au piège.
Ils l’ont appelé le pont des Saules.

Les racines de l’Arbre plongent pour moitié dans la butte et pour l’autre moitié directement dans les courants de l’Irs. Les enfants de Donge savent tous ce qu’en dit la comptine.

Carreau de mosaïque 1-3

Donge > R

Au printemps, quand revient le temps des foires, Donge prend les allures d’une petite ville mais le reste de l’année, elle s’en tient à un gros bourg ramassé autour d'un terre-plein appelé la place des fontaines, contre les pierres bigarrées du beffroi du Féti. Quelques demeures s’accrochent à d’imposants rocs de granit qui renvoient des lueurs bleutées au soleil. L’ardoise recouvre les toits en tabliers d’écailles.

La bise descend depuis l’aube jusqu’à mi-matin. Elle vient, dit-on, d’aussi loin que Silgomias, la grande ville d’où viennent également les étoffes, les huiles et les mauvaises nouvelles. Il ne faut que trois jours à pieds pour s’y rendre, et beaucoup de courage. Car il n’y a pas d’autre chemin que celui qui traverse l’Ardella-Silane.
La forêt des grands chênes.

Située à près d’une demi lieue de la lisière des bois, Donge conduit la route dans le pays d’Eaux. La terre s’y enfonce lentement, laissant submergées d’interminables étendues d’herbes et de roseaux. C’est un pays de mousses, d’anguilles, de vaches et de bateaux.

Carreau de mosaïque 1-2

09 avril 2006

Mazette ! > P

Record d'affluence le 4/4/2006 : 45 visiteurs, 121 pages vues !
Mazette : 1. (1622) Mauvais petit cheval 2. (1640) Fam et péjor. Personne qui manque de force, d'habileté, d'ardeur 3. (1880) Expression d'étonnement ou d'admiration

30 mars 2006

L'arbre > R

L'être est noueux, comme si la sève, en poussant, avait percuté un air chargé de résistances, et avait dû forcer pour mériter la vie. Le tronc épaissi dans les siècles s’enserre plusieurs fois lui-même.
Il ne porte aucun nom. Les gens, ici, disent simplement «l’arbre», tout le monde comprend. Il paraît plus vieux que la butte qui le porte, et c’est lui qui semble à son origine dans ce lieu d’inhospitalité.

Grue-de-Bois -on ne le voit plus guère de nos jours- dit que la terre est venue après, qu’elle est une immense agglomération entre ses racines. Il prétend que les deux ramures de l’arbre, celle qui tient le sol et celle qui tient le ciel, figurent l'harmonie. A croire le vieux, il y aurait neuf arbres, en tout et pour tout, dans l’univers. Le reste, ce ne sont que des rejetons de forêts.

Ce qui fait de notre village un endroit particulier, parce qu’on y trouve un des neufs, sur les bords de l'Irs, précisément là où les filles chantent et battent en choeur le linge.

Note : ce récit forme un carreau dans la mosaïque d'un prochain univers.
Carreau 1-9

14 mars 2006

Le bourdon cesse à cent-mille > P

C'est une case grise. Vous pouvez la trouver là. Il reste de la place autour.

12 mars 2006

11 mars 2006

Space buzz > P

Coordonnées dans l'espace :
X=77, Y=0

09 mars 2006

Pachelbel vs Funtwo > V

Johann Pachelbel est connu du public contemporain essentiellement grâce à une mélodie, le «Canon et gigue en ré majeur pour trois violons et basse continue».

C'est là qu'intervient Funtwo, un jeune guitariste de chambre anonyme et recycleur*... (*l'arrangement est de Jerry C)

Let's gigue again !


(encore ? Voilà une version téléchargeable... et pour les intimes, j'ai sous la main une version mp3 très correcte- merci Dan !- n'hésitez pas à m'en faire la demande par mail )

23 janvier 2006

Eveiller > G

Cela fait longtemps que je voulais le mettre là, le géant Obey.
Je l'appelle le visage du Geis laid (en tant que Geis collectif, la campagne ObeyGiant est un modèle du genre).

Attention ! Ne pas se méprendre ! Ce n'est pas que j'exècre l'obéissance ; elle n'est qu'un instrument. Refuser l'obéissance pour l'obéissance revient à s'acharner sur un objet avec la vue basse des hormones adolescentes ou des croyances rebelles.

La véritable difficulté de l'obéissance, c'est qu'elle pose intrinsèquement la question de l'autorité légitime. Par conséquent, la question des finalités. La sienne. Celle de la communauté sociale. Celle que l'on attend d'une relation humaine.

Evidemment, elle peut aussi ne rien poser du tout. Devenir une routine. Prendre, lentement, le visage de la laideur.
Et nous, s'éteindre.

Ce qui me conduit à opposer à l'obéissance non son contraire, mais le principe de l'éveil.

Eveiller*.
Le plus valeureux des Geis.

*Dit en langue, ce serait : Que tu t'éveilles d'obéir !

21 janvier 2006

Vãc > P

Les textes védiques* disent de la parole qu'elle marche avec les dieux (Tous-les-dieux). Qu'elle les porte. C'est "une femme nommée Vãc qui affirme être le fondement de l'Univers".

C'est moi, de moi-même, qui prononce ce qui est goûté des dieux et des hommes. Celui que j'aime, celui-là, quel qu'il soit, je le fais fort, je le fais brahman, je le fais voyant, je le fais très sage. (1)
Et moi qui suis druis, homme de parole, je dis :
A l'origine donc, était Vãc**, Voix, Verbe qui scella l'entente des hommes et des dieux.
Scel originel, celui dont tout découle. Son enjeu est immense, pas moins que l'immortalité. Mais que l'on ne s'y trompe pas ! Il s'agit d'une immortalité conjointe, d'un échange obligé suivant le principe du don et du contre-don (2). Je te donne l'immortalité, tu me rends l'immortalité, et ainsi de suite, jusqu'à la fondation du monde.

* Rigveda
** Ensuite, et seulement ensuite, vinrent les runes... ;)
(1) G. Dumézil, Les dieux souverains des Indo-européens, NRF, Paris 1977
(2) Cf. M. Mauss :
obligation de donner, recevoir et rendre, kula, potlatch, mana, hau

19 décembre 2005

Résistance multiverselle > R

On dirait un rêve. Déjà je suis une fille et en soi, c'est un signe de rêve assez remarquable. Je suis officier subalterne dans une armée de conscrits. Nous bivouaquons dans les locaux désaffectés d'une entreprise récemment ultramoderne, en compagnie de toutes sortes de civils, des vieux, des jeunes, des cassés, des roulants. Il règne une atmosphère de chaleur, presque d'humanité.

On me donne l'ordre de me rendre dans le hall d'accueil. Chercher une missive ou quelque chose dans le genre. L'attaque a lieu tandis que je traverse un pont tubulaire reliant deux murs de verre. Des hommes glissent du ciel, effroyablement silencieux. Cette extrême discrétion me paralyse ; j'ai l'impression d'être déjà morte. Je me cache un moment, puis je reviens sur mes pas, vite, aussi vite que possible. Donner l'alerte. Dans ma tête, je crois entendre à chaque seconde l'enfer qui se déchaîne.

Je cours à perdre haleine. Mais le silence s'éternise. C'est comme si le reste de mes compagnons avait été anéanti. Les nôtres n'offrent pas de résistance. Devant moi à environ cinquante mètres, une porte incendie pivote et vomit plusieurs paquets de civils affolés. Une cour nous sépare. Je leur fais signe de me rejoindre. Quelques uns m'aperçoivent mais leurs yeux semblent vides. Avant que j'ai le temps de faire un geste, une nuée de balles s'abat sur le sol. Tous tombent, tous.

Je ne suis parvenue à m'échapper qu'à la manière d'une souris. Mon arme est inutile. Je ne vois pas l'ennemi. Je m'accroupis plus loin au pied d'un escalier que descendent des hommes et des femmes hagards. Encore une volée de marches et ils seront à mes côtés. Un jet de flammes jaillit d'une brèche dans le mur, sur la droite, et enveloppe les deux premières silhouettes du groupe qui fondent sur place, lentement, sans cri. Ce sont les autres, derrière, qui hurlent.

Je fonce. L'arme au poing. Vers la brèche. Un nouveau jet en sort qui lèche la rambarde. Je me jette, sans réfléchir. Le combat est très bref. Le soldat, surpris, n'a pas pu se défendre. C'est un uniforme brun. Je récupère son lance-feu et je prends la tête du groupe d'éclopés. Il y a deux roulants et je me demande comment ils s'y sont pris pour descendre les marches. Par la peur, j'imagine.

Nous avançons péniblement entre les hangars. J'estime nos chances à : archi-nul. Quelques coups de feu crépitent au loin. On dirait plutôt des mises à mort. J'ai cramé deux bruns, des soldats qui riaient déjà de nous massacrer. Je les ai cramé jusqu'à la fin du réservoir. Nous avons repris notre marche. Il y a un gamin dans le lot, qui ne doit pas avoir plus de six ans. Il donne la main à un vieux et pourtant, ils ne semblent pas se connaître.

J'ai découvert au milieu d'un passage, sous une armature de poutrelles, un katana. Je savais que c'était un rêve ! Un katana n'a foutrement rien à faire dans cette scène. Je me suis saisie de l'arme blanche, à pleines mains. Pour résister. Jusqu'au bout. Se battre et résister.

A regret, la scène a fondu.

13 décembre 2005

Le vol de Salidar > R

L'homme se redresse, une fois de plus. Il s'imagine ailleurs, pour un instant, assis dans une chambre parfumée devant le miroir d'une coiffeuse, une pièce luxueuse où lui fait face un visage cireux, cousu de poils blancs. Son reflet de l'âge. Cette brusque montée de mélancolie lui arrache un sourire. Il ne sera ni roi, ni père, ni vieillard. Dans peu de temps, il sera mort.
Campé sur ses pieds, il peine à seulement tenir debout. D'ordinaire si légère, son armure est devenue une entrave à ses gestes. Une sueur âcre coule de son front et se mêle à la brume acide qui l'entoure, lui brûlant les yeux chaque fois qu'il s'efforce de les tenir ouverts. Son flanc droit, poisseux, reste le seul endroit de son corps qui ne soit pas une fournaise. A quelques pas de lui, un rire dément s'élève, un cri de victoire qui mue lentement en une litanie tout à la fois grave et stridente, marquée par un fort accent mulhandorien :
- Vois, Salidar ! Tes boyaux s'en retournent à la terre avant toi ! Ils sont pressés de connaître la saveur de mes épices, tes jolis boudins noirs. Sois sans crainte, humain ! Je les réserverai à des hôtes de marque.
A nouveau, le rire fuse, avant que son écho ne sombre dans un puits de haine.
L'homme est maintenant à genoux. Il tremble par longues saccades. Il ne sent presque plus ses doigts crispés sur le pommeau ciselé d'une longue épée dont la lame, couverte des symboles du feu, demeure pourtant terne et froide. Il sait que frapper est devenu inutile, que chaque blessure infligée à cet adversaire se referme aussitôt. Il sent sur lui l'haleine de la créature et s'étonne alors qu'il perçoit l'odeur entêtante d'une fleur. Une gentiane.
- Vois Salidar ! Tu verses tes dernières eaux. Tu es une catin qui accouche seule, à l'écart des siens. Pauvre guerrier ! C'est la mort qu'expulse ton ventre infécond.
L'homme replie sous lui ses jambes molles. Il lutte pour garder conscience, pour ne pas s'enfoncer dans ce corps qui se meurt. Le rire résonne, encore, au-delà de tout ce qui est humain. Il n'écoute plus. Dans un état second, il appelle un passé qu'il sait enfoui au plus profond de son âme. Ils viennent à lui sans qu'il attende, même une seconde, écartent le doute et repoussent loin de lui l'ombre du néant.
Il y a d'abord Akzat, la Montagne Blanche. Les autres se tiennent derrière, dans le souffle glacé de la steppe. On entend les pleurs d'Abazzi, la petite mère, les chants rauques de la vieille chamanka, l'odeur âcre du Feu des âmes. Puis c'est Ourzane qui se pose à son côté. L'homme sait que l'aigle comprend son souhait de ne pas aller sur le toit du monde. Il veut trouver ces pareils, ces étrangers qui portent son sang et que l'Arbre creux lui avaient supplié d'attendre. Les dieux veuillent que tu les rejoignes ! murmure la chamanka.
Le rire a fini par se taire. Ouvrant les yeux, l'homme croise le regard malsain du démon qui l'observe, intensément. Rendu inquiet par la quiétude de sa proie, le monstre ne prête pas attention à l'aigle qui s'incarne mystérieusement au seuil de l'éther.
Lorsque Ourzane déploie ses ailes, l'homme qu'on appelle Salidar le loup gris meurt dans le plus profond silence et la totale incrédulité de celui qui fut autrefois intendant de la déesse des tortures, Sakoul, Impérieux des abysses, démon des origines. Immortel.

Breuvage > P

A l'ami qui me confiait, il y a quelques jours, qu'il sent sa vie lui glisser des mains, je recommande qu'il la porte à la bouche.

Je viens d'hiver > G

La neige arrive, regarde ! On dirait un vol de parachutes. Les tuiles se cachent au fond des trous. Attends, tais-toi ! Ecoute ! Au loin... Une berceuse... C'est peut-être la première, l'air que chantaient les mères originelles pour apaiser la fusion des éléments.

La neige repose comme la mer repose.
Elle grise tellement il y a de blanc.

Pourvu qu'avec tout ça je sois
encore d'hiver, moi qui en vient.

04 décembre 2005

Choir > G

Coucher un mot endolori.

17 novembre 2005

Quatre par Trois > V

Fleur se met en quatre par trois (ou au moins en un trois quart par trois), et tout ça pour l'amour des jeux...

Prise en flagrant délit de déroulement vertical au 190, rue des Pyrénées à Paris

15 novembre 2005

Variance de liaison linéaire > G

SCEL se lit : "somme des carrés des écarts dues à la liaison"

SCEL = S ( Yiest - Ymoy )²
Formule qui fait de lui un mot variant.

Yak, traceur ! > P

Vendredi dernier, la Horde du Contrevent a obtenu le prix du Roman francophone du Grand Prix de l'Imaginaire, décerné dans l'enceinte des Utopiales (dernier message avant la fin du monde).

Je saute sur l'occasion pour vous réinviter à un vieux scel -15 décembre 2004 !- sur l'ouvrage cosmologique dont il s'agit.

Pour l'avoir brièvement rencontré et plusieurs fois écouté, je ressens qu'Alain Damasio est ce genre d'humain qu'il serait, pour quiconque vit sur cette terre aux environs du début du XXIème siècle, véritablement dommage d'ignorer.

Envoûtement > G

Il subsiste d'un long week-end aux Utopiales une poignée d'images, de sons et de mots. Mais la plus rémanente des émotions provient d'une scène à proprement parler fantastique où des automates aux mains douces envoûtent une jeune fille pour l'ombre de sa mère. Et les coiffeuses mécaniques accomplissent leur rituel sur la mélopée de The Carpenters :

Why do birds suddenly appear everytime you are near ?
Just like me, they long to be close to you.
Why do stars fall down from the sky everytime you walk by ?
Just like me, they long to be close to you.

Je ne parviens plus à me séparer de cette scène, mais la réalité c'est que l'entière histoire est profondément liante. Elle est née, il est vrai, de vieux auteurs de rêve.
Le Geis a pour nom :
MIRRORMASK