07 mai 2008
05 mai 2008
Le jeu de rôle est la simulation d'une intelligence collective > G
Intelligence : d'accord, le terme est ambitieux.
Que l'on pense à la ride frontale d'un barbare devant le frontispice gravé d'un temple ancien... Une autre caractéristique, peut-être ?
Le jeu de rôle est la simulation d'une force collective.
Du moins pour défoncer les portes. Mais pourquoi pas l'adresse, la sagesse, le charisme, la constitution et autre quantification simulatrice ?
Le jeu de rôle est la simulation d'une constitution collective.
Revenons au sujet et le sujet est une table. La table est, en effet, l'élément indispensable. Sans elle, les dés ne sont pas jetés, les plans ne mènent à rien et les fiches n'ont plus lieu de s'étaler. Autour de la table, donc, les joueurs s'échinent à incarner une personnalité singulière (P.S.). Souvent archétypale et souvent, moins qu'il n'y paraît. Le maître de séant narre et voici les P.S. confrontées à des choix, des paroles incompréhensibles, des êtres à tentacules QUE-L'ON-NE-NOMME-PAS, des érudits retors, des pièges savants, sans parler d'idées absurdes. Quant tout le monde n'est pas avachi sur la fameuse table, les yeux creux, bave aux lèvres, dans l'attente d'une révélation immanente au lieu de partager leurs informations...
Car et c'est la beauté de la chose, l'histoire est ainsi faite qu'elle ne permet pas à une seule P.S. de résoudre l'entière intrigue.
Pour le dire clairement, le jeu de rôle est un environnement qui pousse des personnalités singulières à s'organiser et à adopter une forme (ou plusieurs) de comportement collectif.*
C.Q.F.D.**
* Exactement le contraire de la vraie vie des vrais gens avec des vrais billets en main.
**De fait et au regard de l'individualisation des comportements, la pratique du jeu de rôle pourrait être déclarée d'utilité publique. On y travaille.
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30 avril 2008
JDR > P
Les mots pleuvent, percutent le sol. Les lettres éparses libèrent une charge de mana.
À l'évidence, se protéger devient indispensable. Faire un don en retour, peut-être ; ce que suggère Mauss. Réfléchir.
Je ne pouvais donc laisser dire toutes ces choses, d'autant qu'elles viennent d'une joueuse émérite, blogueuse patentée pour ne pas dire chef d'entreprise, il me fallait répondre, et oui, Fleur, il y aura un deuxième tome, deuxième et pas second, comme tu l'as pressenti, car l'histoire pourrait bien ne pas s'arrêter là non plus. En te lisant, je me suis souvenu d'une aventure où un personnage, jeune architecte dont je tairai le nom, la peau sur les os, d'une curiosité maladive, avait souffert les affres d'une martrologe en flux inversé. Idée subite, exploration imprévue d'un concept retourné comme une chaussette. Le jeu de rôle est décidément une étrangeté.
Je le dis d'autant plus librement que je n'en fais plus... ou presque.
Quoique...
Du coup, me voilà à gamberger, je pense à la singularité de ce jeu qui, à la différence de la psychanalyse, pose l'hypothèse qu'une relation humaine est possible. J'aurais peut-être mieux fait d'éviter le soleil et de boire une bière, mais non. Voici ce à quoi je suis parvenu, je le livre tel quel :
le jeu de rôle est la simulation d'une intelligence collective.
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Ce qui se trouve dans la salle 101 > P
Sans crier gare, hurlant plutôt, ça commence par l'assassinat de citoyens roumains...
"- Vous m’avez une fois demandé, dit O’Brien ce qui se trouvait dans la salle 101. Je vous ai répondu que vous le saviez déjà. Tout le monde le sait. Ce qui se trouve dans la salle 101, c’est la pire chose qui soit au monde." - George Orwell, 1984
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18 avril 2008
La critique s'empare des Tours de Samarante, version 2 > P
Un mois (un peu plus).
Après une violente première salve, les Tours subissent un nouvel assaut de critiques.
Extraits...
"Les Tours de Samarante est donc une excellente surprise, et tient toutes les promesses annoncées par son éditeur. "
Bruno Para, NooSFere, 6 avril 2008
Voir la critique de Bruno Para
"Ce roman regorge de trouvailles et d'imagination, comme dans un bon roman de SF. (...) Si la SF vous intéresse, vous ne pouvez passer à côté de ce livre intelligemment construit, écrit de façon singulière et passionnant de bout en bout."
Hervé Thiellement, Yozone
Voir la critique d'Hervé Thiellement
"Un premier roman plein d'imagination."
2X Magazine, #65, avril 2008
"Un vrai talent.(...) L'entrée de Norbert Merjagnan en littérature est une réussite."
Le Dauphiné libéré, 24 mars 2008
"Sur un trame scénaristique très classique, l'auteur pose une plume de grande qualité. (...) On peut littéralement voir la ville de Samarante, ceinturée de déserts. On peut voir son architecture baroque et sa population polymorphe."
Gromovar, Quoi de neuf sur ma pile ?
Voir la chronique de Gromovar
"Le récit est un mélange subtil entre la fantasy et la SF et c'est tant mieux !"
Voir sur Scfi Skyrock
"...ce roman procure un excellent moment de lecture. (...) Je le conseille vivement."
Adanson "Marco", avis des lecteurs, Amazon.fr
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26 mars 2008
23 mars 2008
La critique s'empare des Tours de Samarante > P
Dix jours.
Les premières critiques sont tombées sur Les Tours.
Extraits...
"Samarante, qui est ville, femme, mémoire est l'enjeu d'un conflit entre des forces obscures qui veulent maîtriser l'Avenir. Par son lyrisme et son ambition, voici un texte inspiré qui tranche sur la production courante. "Merci !
Philippe Curval, Le Magazine Littéraire, avril 2008
Voir la critique de Philippe Curval
"Proche de la trame de Comte Zéro de William Gibson, ce roman sort d'ailleurs des productions françaises habituelles par son côté anglo-saxon. (...) Les Tours de Samarante est l'une des lectures les plus marquantes de ce début d'année."
Oman, Scifi-Universe
Voir la critique d'Oman
"Au prix de quelques trouvailles inspirées, d’un background sans faille et d’une sincérité dans l’écriture qui ressemble à de l’abnégation, on va se laisser emporter vers un climax endiablé."
Eric Holstein, ActuSF
Voir la critique d'Eric Holstein
"Ville tentaculaire, plaines dévastées, maladie technovore, clonage généralisé et humanité dégénérée font du roman un habile mélange des genres, la fluidité stylistique renforçant encore l’intelligence du propos."
Pat, Le Cafard cosmique
Voir la critique de Pat
"Riche, haletant..., on espère rapidement une suite de la même veine."
SDD, Lotus Noir, mars 2008
"On est aspiré par l'intrigue, dans cette ville assiégée par une maladie des machines dont on ne sait presque rien. On s'immerge dans les luttes pour le pouvoir, dans le destin désincarné d'un gosse des rues, dans cette nymphe aux capacités étranges."
Yves Vilagines, avis des lecteurs, Fnac.com
Merci à ceux qui ont aimé ce récit, pour leur regard, leur émotion, leurs remarques et parfois, déjà, leur attente. Par ces mots, vous donnez à ce livre une chance extraordinaire : la chance d'être lu.
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13 mars 2008
02 mars 2008
Dichtung > G
« Dichtung : mot vieux-haut-allemand, très antérieur à la théorie protohistorique des cordes, signifiant tout à la fois littérature, poésie, fiction, invention, affabulation, mensonge et plus précisément, selon un auteur antique oublié "monde fictif, élaboration d'un espace irréel aussi véridique que la réalité concrète, univers imaginaire, construit et clos sur lui-même, qui n'est pas l'opposé du monde sensible mais son condensé". »
extrait de :
La Manadologie, Céline Minard, Editions MF coll. Frictions, sept. 2005.
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23 février 2008
08 février 2008
Les Tours de Samarante : couverture > V
Au premier plan, le TC4 Protor, modèle remisé dedragueur de sable, pénètre dans la cité de Samarante.
Sortie : 13 mars 2008, aux éditions Denoël - Lunes d'encre
Illustration : Manchu.
Petite histoire & co. J'ai rencontré Manchu pour la première fois aux Utopiales, en novembre dernier. Je connaissais son travail et lorsque Gilles Dumay m'a annoncé qu'il pourrait illustrer les Tours, j'étais ravi et véritablement enthousiaste.
Manchu est très vite entré dans l'univers de Samarante. Il y a eu comme une empathie entre le Protor et lui... Avec force, je lui dis merci, pour sa gentillesse, pour son écoute.
Pour le talent.
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07 février 2008
"La science-fiction à hauteur d'époque" > V
Quelques extraits d'un texte de Valerio Evangelisti, auteur italien de SF, écrit en août 2000 et repris dans le dossier "La fabrique des conformismes" du numéro 96 de Manière de Voir / Le Monde diplomatique, janvier 2008.
"La mondialisation de l'économie, le rôle hégémonique de l'informatique, le pouvoir d'une économie dématérialisée, les nouvelles formes d'autoritarisme liées au contrôle de la communication, tous ces thèmes paraissent laisser indifférents les écrivains de la "grande littérature", du moins en Europe. Dans la plupart de leurs romans, le monde semble immuable.Dominent les histoires intimistes, qui auraient pu se passer il y a cinquante ans - ou qui pourraient se produire dans cinquante ans... Amours, passions et trahisons perpétuent leur consommation sous une lumière tamisée, dans un monde aux couleurs pâles et aux fragrances de poussière et de talc. Certes, il y a quelques exceptions ; mais la plupart du temps, le cadre général est immodérément "minimaliste".
Le style fade, exténué, en est venu à être considéré comme réaliste. C'est lui qui paraît détenir la vérité, au point de devenir la seule forme de littérature noble. (...) La prose "réaliste" se situe hors du temps ; ce qui est ancré dans le temps ne serait que pacotille.
(...) Tandis que la "grande littérature" se complaît à ignorer tout cela*, la littérature des "étages inférieurs" a fait de l'époque son objet de prédilection. Je fais là allusion à la science-fiction."
(*ie : les mutations contemporaines)
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22 janvier 2008
N'importe : on se bat ! > P
"Ah ! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ?
Tiens, tiens ! - Ha ! Ha ! Les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés !...
Que je pactise ?
Jamais, jamais ! - Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
N'importe : je me bats, je me bats, je me bats !"
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Paris, 1897
Appel du Comité National pour un Référendum, Paris, 2008
Un nouveau traité - dit traité de Lisbonne - vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005. (...)
Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.
Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.
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14 décembre 2007
01 octobre 2007
Les Tours de Samarante > R
"Autour de la cité de Samarante, sur laquelle veillent six tours mystérieuses, s’étend l’aliène, une étendue sauvage, aride, inhospitalière. C’est par là que la guerre viendra, il n’y a pas d’autre accès.C'est ainsi, qu'à ce jour, se présente Les Tours de Samarante, premier roman à paraître en 2008 chez Denoël. Le topo est de Gilles Dumay, créateur et directeur de la collection Lunes d'Encre.
Derrière les murs de Samarante, la Lèpre a eu raison de bien des machines et les hommes craignent le Mal qui pourrait les transformer en mutants. C’est là que vivent le jeune Triple A – qui rêve d’escalader les tours – et Cinabre – une préfigurée aux pouvoirs effrayants, une beauté imparfaite, donc irrésistible, poursuivie par les tueurs de l’Endocène. Et c’est vers Samarante que se dirige Oshagan, le grand guerrier, le dernier des Sémuramat. Il porte dans sa sacoche la plus puissante des armes, une forme de guerre que l’on croyait disparue depuis mille ans.
Quand ces trois êtres entreront en collision, cent treize ans avant le Seuil, alors trembleront les tours de Samarante."
L'illustration de couverture est - sera ! - de Manchu.
Vous trouverez un peu plus à lire au sujet du livre et de sa parution sur Le cafard cosmique.
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22 septembre 2007
Cent feuilles de béton > V
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27 août 2007
Inspiration Brom > V
L'oeuvre de Brom est une longue inspiration. Quelques unes de ses peintures -celles qui appartiennent à la série Futurs Sombres- ont la force d'ouvrir une brèche, j'ai expérimenté plusieurs fois leur capacité de rupture. J'y puise sans compter.
Vue en trois images :

D'ailleurs, Brom, l'humain, est remarquable de gentillesse et d'intérêt.
Remonter à la source :
Site de Brom
Une gallerie de ses toiles
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14 juin 2007
L'incarnat > R
Il clinque de pierre souche. Mot-porteur.
L'incarnat se fond dans l'univers animal.
Au clair des yeux, par chance, un souvenir éclate.
L'épuration a quelque part mécanique.
La chaîne n'a pas cessé.
Il ne fait pas défaut à la fabrication.
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04 mai 2007
Appel des écrivains de mauvais genres contre la narcose Sarkozy > P
Sous l'impulsion d'Alain Damasio, écrivains de science-fiction, de fantasy et autres mauvais genres s'engagent contre Nicolas Sarkosy. Leurs textes, réunis sous le titre "Appel d'air", peuvent être téléchargés ici en version PDF (merci à Fleur pour avoir immédiatement mis ce document en ligne). L'appel est également disponible sur le site : la Zone du Dehors.
APPEL D'AIR
"Vous êtes de ceux qui pensent que Sarkozy est le meilleur pour gouverner la France. Vous avez raison. Il est le meilleur — pour le faire croire. Dans une société qui produit ses propres rituels de vérité, Sarkozy est notre plus brillant prêtre. Il n’a nul besoin d’être compétent, sincère ou humain : il lui suffit de produire des effets de compétence, de sincérité et d’humanité. Pure manipulation ? Même pas, puisque tout est visible pour qui veut regarder. Tout est audible pour qui souhaite entendre.
En tant qu’écrivains de science-fiction et de fantasy, nous avons une vocation et, qui sait ?, une arme de construction massive : c’est de savoir placer un son là où le bruit blanc règne et d’offrir un champ de visions là où l’image est fabriquée pour murer notre perception. Nous avons aussi, souvent, ce don : savoir lire dans le réel ce qui le travaille, dans le présent ce qui tend à lui imposer un futur qui ne propose pas, pour la pensée et pour la vie, le moindre avenir. Notre appel ne vise pas à ajouter aux débats nos salves d’arguments antisarkozy, nos démonstrations chiffrées, nos faits précis et nos convictions actées : journalistes probes, citoyens et militants le font déjà, avec force et courage, avec brio parfois. Il vise à vous offrir une parole libre et multiple face aux matraquages monochromes. Une parole qui s’offre dans des microfictions dures, drôles, parodiques ou glaçantes, écrites au fil de l’urgence et qui dessinent des trajectoires de résistance en nous confrontant à ce qui nous attend. Mots de passe donc, plutôt que mots d’ordre.
Sur l’arc de nos sensibilités, au fil de nos débats internes, qui sont intenses, une dominante : pour nous, Nicolas Sarkozy est dangereux. Extrêmement dangereux. Dangereux pour les libertés publiques qu’il quadrille, réticule et canalise. Dangereux pour le corps social qu’il fractionne, stratifie et oppose bloc à bloc, communautés par communautés. Dangereux parce que la politique qu’il propose est parfaite pour permettre aux plus richement dotés en capital social, médiatique et financier d’appauvrir encore plus cruellement ceux que ce système broie. Sarkozy ne va pas hitlériser la société française. Arrêtons de crier au loup. Mais il l’hystérise déjà et demain, il nous thatchérisera. Avec sa tchatche. Narcose puis nécrose. Ce qui nous inquiète est moins la logique disciplinaire qu’il articule (la société française possède les anticorps contre cette maladie chronique) que la société de contrôle qu’il aménage, souterrainement, et avec toute la puissance de ses réseaux. Contrôle des médias et des idées, bien sûr — et beaucoup en sont déjà conscients. Mais au-delà, contrôle des affects et des percepts, qui déborbe toute capacité de résistance par la raison. Et ça, c’est réellement flippant.
Naturellement le pire n’est jamais sûr. Pourtant, aujourd’hui, avec Sarkozy, le pire, pour nous, est mûr.
Ce texte est donc un appel.
Du pied à ceux qui hésitent encore et sont séduits par le miroir qu’à chacune de nos peurs et à chacun de nos espoirs, l’UMP nous tend.
Du regard à nos complices qui sentent ce que le masque du professionnalisme, le ton nouvellement posé, le timbre désormais grave de la voix, les accents de sincérité impeccablement rôdés de Sarkozy cache de cynisme cru. Sarkozy nous communique. En nous parlant de « rêve français », il injurie notre art et insulte notre futur.
C’est aussi un appel de phares, sur une route 66 un peu trop déserte à notre goût et que l’UMP pave comme une Highway to Hell. Paint it red !
C’est un appel d’air, enfin, pour qu’au cœur de l’acier plein des slogans, du bois brut libéral dont ils ont fait une langue, une ouverture se fasse qui libère un peu de vie, de fraternité, d’échanges généreux et de métissages.
En vous offrant les textes qui suivent, nous vous souhaitons une bonne lecture… du réel."
Alain Damasio
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17 avril 2007
En attendant les Barbares > P
Aux rumeurs mauvaises, aux peurs qui poussent de leurs forces au pire.
14. EN ATTENDANT LES BARBARES
- Qu'attendons-nous, rassemblés sur l'agora ?
On dit que les Barbares seront là aujourd'hui.
- Pourquoi cette léthargie, au Sénat ?
Pourquoi les sénateurs restent-ils sans légiférer ?
Parce que les Barbares seront là aujourd'hui.
A quoi bon faire des lois à présent ?
Ce sont les Barbares qui bientôt les feront.
- Pourquoi notre empereur s'est-il levé si tôt ?
Pourquoi se tient-il devant la plus grande porte de la ville,
Solennel, assis sur son trône, coiffé de sa couronne ?
Parce que les Barbares seront là aujourd'hui
Et que notre empereur attend d'accueillir
Leur chef. Il a même préparé un parchemin
A lui remettre, où sont conférés
Nombreux titres et nombreuses dignités.
- Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs sont-ils
Sortis aujourd'hui, vêtus de leurs toges rouges et brodées ?
Pourquoi ces bracelets sertis d'améthystes,
Ces bagues où étincellent des émeraudes polies ?
Pourquoi aujourd'hui ces cannes précieuses
Finement ciselées d'or et d'argent ?
Parce que les Barbares seront là aujourd'hui
Et que pareilles choses éblouissent les Barbares.
- Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennent-ils pas à l'ordinaire
Prononcer leurs discours et dire leur mot ?
Parce que les Barbares seront là aujourd'hui
et que l'éloquence et les harangues les ennuient.
- Pourquoi ce trouble, cette subite
Inquiétude ? - Comme les visages sont graves !
Pourquoi places et rues si vite désertées ?
Pourquoi chacun repart-il chez lui le visage soucieux ?
Parce que la nuit est tombée et que les Barbares ne sont pas venus
Et certains qui arrivent des frontières
Disent qu'il y a plus de Barbares.
Mais alors, qu'allons-nous devenir sans Barbares ?
Ces gens étaient en somme une solution.
Poème de Constantin Cavafy
Traduction de Socrate C. Zervos et Patricia Portier
Tiré de Cavafy, Oeuvres Poétiques, Imprimerie Nationale, nov. 1993
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21 mars 2007
La Zone du dehors > P
Mythique.
La Zone du dehors, le premier roman d'Alain Damasio ("5-lettrés Damsi" en clastre)
Alors ? Prises de vitesse. Fin de cycle. Neuve tangente. Les mots qui s'articulent en vertèbres. Science-fiction politique d'hommes debout.
Ce livre est l'alpha des voltés. Il faut s'en saisir, d'autant plus absolument que l'intensité politique est à son comble.
Le site de la Zone(qu'on dira pas qui l'a fait :p)
Le poète Vincent Wahl défend la Zone :
"À Cerclon, colonie modèle installée sur un satellite de Saturne, vivent 7 millions d’exilés d’une Terre presqu’anéantie par les guerres. Dans cette société utopique qui veut réaliser concrètement l’égalité des chances et la fluidité de la démocratie d’opinion, on travaille peu, on se distrait beaucoup, un bon tiers de la population est payé « pour être agréable aux autres », le confort et le niveau technique font mieux que moderne, les multinationales, se nomment Défordre. La paix sociale est scellée par un classement généralisé des personnalités, des efforts civiques et des talents, réputé modèle de transparence, censé assurer l’allocation optimale des rôles sociaux, des emplois, des rémunérations. Les places de ce classement, les identités mêmes sont remises en jeu tous les deux ans, occasion d’une période d’instabilité organisée, suivie de grandes fêtes qui cimentent la société. La surveillance est totale, préventive, discrète."
Libellés : PAROLE
28 octobre 2006
Genre Limite > P
La science-fiction s'écoute. Si.
Avec les mots, c'est déjà souvent limite. Alors avec du son... ;
ça donne un genre, comme ça.
Extrait de la présentation officielle :
"Philippe Curval contera la relation tragi-comique d’un humain et d’un extra-terrestre, accompagné de la création sonore de BeNe GeSSeRiT / Jacques Barbéri et PALO ALTO (Philippe Perreaudin, Denis Frajerman) illustreront son texte Fais voile vers le Soleil / Laurent Pernice, contrebasse et sons synthétiques, accompagnera le texte de Frédéric Serva Petites musiques entêtantes, lu par Mireille Pena. "
Soir du 2 novembre, 20h30, Lieu Unique, Nantes.
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05 août 2006
Pollen > P

Je viens de finir Pollen. De Jeff Noon. Déniché et publié par la Volte.
Vous êtes prêt ?
C'est un livre où les espèces se mêlent sans se soucier des convenances. Grâce à Fertilité 10, tout est concevable. Sans limite. Hybridation généralisée : chien-homme, robot-flic, enfant-zombi, réel-rêve, vérité-ombre, ombre-flic, taxi-amour, flore-faune, et même l’inconcevable…mère-fille !
Dans cet univers de fertilité et de mixité débridées, ce sont des femmes qui mènent la danse :
- Belinda, une X-Cab amoureuse qui coupera peu à peu tous les fils de sa vie
- Sibyl Jones, alias Smokey, sa mère, une ombre-flic incapable de rêver et décidée à aller jusqu’au bout
- Perséphone, l’enfant-fleur qui répand l'amour, la mort et les grains de pollen.
Ces femmes sillonnent Manchester dans un road-trip urbain qui les charrie de l’endroit du décors -la carte rassurante des taxis X-Cab- à ses envers : le monde du rêve qu’on appelle le Vurt, des coins d’Ombre que ne perçoivent que quelques dodos, l’interzone où rampent les zombis. Elles croiseront des hommes et des chiens de valeur tandis que, pendant ce temps, des fleurs violent et tuent !
LISEZ !
C’EST DE LA BONNE !
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12 juin 2006
Des mots qui vont ailleurs > P
Là-bas, mon nom est Azbael Cathar-Mor. Entre autre Loki l'Oaken, Fregius, Narf, Cysleith, Fimbrethil, Boulègue, Hermès Faxanadu et animal du même genre.
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17 mai 2006
Ivadeh, mère de Til > R
Ivadeh est jeune, encore jeune, malgré l'âge, trente-trois années déjà, malgré les longs pleurs versés sur un amour passant, malgré la sollicitude, même rare, surtout rare, malgré la vie des jours comme les autres quand elle peine pour quelques seaux d'eau, deux oeufs et ce qu'il faut de légumes pour un bouillon, malgré le bonheur des autres qui quelquefois la transperce, malgré elle, car elle est mère avant tout et Til, son fils, lui a offert un songe ; il a dit : man, t'es si jeune que la terre t'a vue naître il y a treize ans, avant elle savait pas que tu vivais, tu étais trop légère, tu faisais pas le poids, c'est quand ton ventre m'a porté que tu as appuyé sur la terre assez pour qu'elle sache ton nom, Ivadeh, et combien tu lui es chère.
Trente trois ans pour les hommes et treize pour la terre, je donnerais cher au change, pense-t-elle en frappant le linge qu'on lui a confié ce jour sur la pierre du lavoir. Ivadeh n'est pas faite pour dormir seule, elle est encore la nuit une simple fillette assaillie de craintes et de visions terrifiantes. Mais le change n'est pas fait pour les lavandières.
Ivadeh vit sur les bords de l'Irs, dans une cabane de paille et de torchis. L'idée ne viendrait à personne de bâtir en dur en cet endroit où la rivière sape continuellement les efforts des maçons. Sauf peut-être à un thaumaturge, mais ça ne compte pas.
Elle se débrouille. Ils mangent, avec son fils. Til a grandi. Déjà, sur la place de Donge, on a donné un sobriquet à sa langue pendue. L'ensongeur.
Til l'ensongeur. Elle en est fière. Ca lui va, comme à son père, mieux déjà parce que lui savait le pouvoir des mots, elle y a succombé, et d'autres, tandis que Til sait la puissance de la parole.
Son fils est du pays, un pays où l'eau et la terre s'entremêlent.
Carreau de mosaïque 5-2
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